Cyclisme

Education, promotion et mentalité : Les trois piliers de la réussite du cyclisme slovène

Primoz Roglic et Tadej Pogacar défilent bras dessous, bras dessous, après le premier doublé slovène sur le Tour de France en 2020. Depuis lors la Slovénie a encore renforcé sa domination dans le cyclisme international.

© belga

21 mars 2022 à 17:18Temps de lecture2 min
Par François Zaleski

Tadej Pogacar, Primoz Roglic, Matej Mohoric, en l’espace de trois saisons, les trois fers de lance du cyclisme slovène ont placé leur pays au sommet de la hiérarchie mondiale. 23 étapes et 5 victoires finales sur les grands tours, 3 Tirreno-Adriatico, 1 Paris-Nice et 4 monuments : Leur palmarès commun est tout bonnement ahurissant.

Aujourd’hui, ces trois coureurs occupent respectivement la 1re, la 3e et la 9e place du classement UCI. Aucune autre nation ne compte autant de représentants dans le top 10. Mieux. Le trio slovène a empoché 5 des 6 courses World Tour disputées cette saison.

Une fameuse prouesse pour un pays qui ne compte que 2 millions d’habitants. Une réussite presque insolente qui ne doit pas tout au talent. A l’image du Triglav, dont les " trois têtes " veillent sur la Slovénie à 2864 mètres d’altitude, la jeune République a bâti sa réussite sur trois piliers essentiels.

Le sport au cœur de l’éducation

" Un esprit sain dans un corps sain " cela pourrait être la devise de la Slovénie. Un pays à peine plus grand que la Wallonie où le sport est érigé en valeur cardinale dès le plus jeune âge. " Il y a une vraie volonté de pousser les jeunes vers le sport en général " constate notre consultant Gérald Bulens. " Il y a bien sûr les disciplines hivernales comme le ski alpin mais le vélo en fait aussi partie. Dans les écoles secondaires on met des vélos à disposition des enfants qui veulent s’essayer au cyclisme. En Belgique si vous voulez mettre votre enfant sur un vélo cela va vous coûter quelques milliers d’euros ".

A raison de trois heures de sport par semaine, les petits slovènes sont invités à tester de nombreuses disciplines sportives dès l’école primaire. Une fois arrivés en secondaire tous les élèves doivent réaliser chaque année des tests d’aptitudes physiques. Un travail de "scouting" qui permet aux autorités de détecter très tôt les jeunes talents.

Le vélo comme outil de promotion

La petite reine n’a pas toujours été très populaire dans l’ancienne république communiste d’Ex-Yougoslavie mais depuis 20 ans le vélo s’est imposé comme moyen de locomotion et de promotion. " Il suffit de feuilleter une brochure touristique pour constater que 70% des vacances proposées en Slovénie se font à vélo " précise Gérard Bulens " Que ce soit le vélo électrique le VTT, la randonnée, ou le granfondo, une multitude de choses ont été mises sur pied pour attirer des cyclistes dans le pays. Cela a aussi donné envie aux jeunes slovènes ".

Le meilleur exemple est évidemment celui de Tadej Pogacar. " A l’époque il faisait partie d’un club dans lequel ils étaient une vingtaine de coureurs. Aujourd’hui ce nombre est multiplié par 10 " précise notre consultant.

Une mentalité de champion

Au plus haut niveau, les quelques pourcents qui font la différence se situent souvent dans la tête. Et à ce petit jeu-là les Slovènes font preuve d’une volonté particulièrement pointue. La volonté de s’illustrer pour faire exister leur petit pays sur la carte du monde. A l’image de Tina Maze en ski alpin ou de Luka Doncic en basket-ball, les cyclistes slovènes participent aujourd’hui au rayonnement international de leur pays. " Les coureurs des pays de l’est en général ont la volonté d’améliorer leur propre naturel et le naturel de leur famille en performant dans le sport " juge Gérard Bulens. " C’est très différent en Belgique où les familles et les enfants se considèrent comme des vedettes avant même d’avoir prouvé quoi que ce soit ".

En remportant le premier monument de la saison à Sanremo, 10 ans après son titre mondial chez les juniors, Matej Mohoric a prouvé toute sa détermination. Déterminés dans l’effort mais également humbles face aux caméras les coureurs slovènes amènent aussi un vent de fraîcheur sur le World Tour. Un vent qui n’est sans doute pas prêt de s’arrêter de souffler.

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