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Monde Moyen-Orient

Edito: il faut libérer Mohamed Rasool, "fixeur" arrêté en Turquie

Mohamed Rasool notre fixeur dans le Nord de l'Irak en août 2014
08 sept. 2015 à 14:12 - mise à jour 08 sept. 2015 à 14:12Temps de lecture1 min
Par Laurence Brecx, Julien Jeffredo

Il s'appelle Mohamed Rasool. Il est le troisième prisonnier. Il est ce que les journalistes en reportage à l'étranger appellent un "fixeur". Connaître le terrain, trouver des interlocuteurs, organiser des déplacements, traduire d'une langue à l'autre... Voilà ce que faisait Mohamed Rasool bien loin des accusations fallacieuses.

Son nom n'avait pas été dévoilé contrairement à Jake Hanrahan et Philip Pendlebury, les deux journalistes britanniques de Vice News qui réalisaient un reportage sur le conflit entre la Turquie et le groupe kurde du PKK.  Ils ont été arrêtés le 27 août en sortant de leur hôtel dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. Les autorités turques affirmant qu'ils étaient soi-disant membres de l'organisation terroriste de l'Etat Islamique.

Mohamed Rasool est également l'Irakien. Et c'est pourquoi aujourd'hui, il est celui qui est toujours derrière les barreaux à Adana, dans une prison turque de haute sécurité alors que les deux journalistes britanniques ont, eux, été libérés.

Pourtant, Mohamed Rasool n'a rien fait d'autre que de travailler pour ces deux journalistes, de travailler avec eux. Pour cette raison, il devrait être libre avec eux.

Mohamed n'est pas qu'un "fixeur", il est un excellent fixeur. Il y a presque un an jour pour jour, nous avons eu la chance de travailler avec lui dans le nord de l'Irak alors que le groupe État Islamique menaçait déjà de s'étendre davantage dans le pays. Malgré ses 23 ans, il s'est montré d'une maturité et d'une débrouillardise rare. Nous lui devons d'avoir pu réaliser notre travail d'information de façon libre et indépendante.

Aujourd'hui nous ne devons pas le laisser oublier. Le troisième prisonnier doit lui aussi être libéré. Kurde en Irak, Rasool n'a pas eu la chance d'être britannique et probablement de bénéficier de la mobilisation d'une chancellerie occidentale. Son sort ne doit pas être laissé à l'arbitraire d'une nationalité ou à celui d'une justice turque manipulée par le pouvoir.

Il faut libérer Mohamed Rasool. Il ne faisait que son métier.