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Edito : Axel Witsel, pour une poignée de yuans

Axel Witsel
02 janv. 2017 à 09:24 - mise à jour 02 janv. 2017 à 09:242 min
Par Manu Jous

Le transfert d’Axel Witsel vers Tianjin fait couler énormément d’encre... de Chine. Pour un footballeur professionnel, 27 ans est normalement l’âge de l’apogée. Mais au lieu de relever un nouveau défi sportif dans un championnat européen majeur, le Diable Rouge a préféré répondre à l’appel des yuans. Un choix qui interpelle.

Bien sûr, une fois encore, le transfert chroniquement annoncé de Witsel vers la Juventus a capoté. 6 millions d’euros, ce n’était pas assez pour le Zenit.

Bien sûr, 20 millions (soit la moitié du prix d’achat de Witsel il y a 4 ans) proposés à 6 mois d’une expiration de contrat, c’est beaucoup plus direct pour faire plier un club, aussi rigide soit-il.

On comprend donc très bien l’intérêt du vendeur. On comprend également l’intérêt des intermédiaires. Beaucoup moins la motivation du joueur.

L’argent ? Oui, bien sûr. Forcément. Mais est-ce le SMIC que la Juventus proposait à Axel Witsel ? Ne lui était-il pas possible d’attendre patiemment une demi-année en bord de Neva, avant de pouvoir tranquillement choisir entre des clubs aussi renommés que la Juve, le Barça, Milan ou Chelsea ? Autant d’options qui auraient conjugué à la fois défi sportif et valorisation financière. Certes, Tianjin c’est l’assurance de gagner 6 fois plus qu’au Zenit, 3 fois plus que ce que la Juventus proposait au joueur. Mais à ce niveau-là, où se marque la différence ? L’argent attire l’argent et, dans le football moderne, on a le sentiment que plus un joueur gagne, moins c’est assez pour lui... Un aveuglement aussi irrationnel qu’insatiable, que l’entourage proche pense rarement à relativiser, puisque il en bénéficie aussi.

D’un point de vue général, les choix de carrière de Witsel interpellent. A bientôt 28 ans, alors qu’il entre dans l’âge idéal pour s’épanouir enfin dans le grand championnat qu’il mérite, le Diable Rouge préfère la fuite en avant. Les yuans après les roubles. Un choix qui avait déjà fait débat il y a 4 ans lors du départ de Witsel de Benfica pour le Zenit. Là aussi, les critiques avaient fustigé le choix de l’argent au détriment du sportif. En Russie, avec la concurrence des grands clubs moscovites, il était encore possible de sauver les apparences en faisant croire au pas en avant. En Chine, c’est un peu plus dur...

Quelle sera maintenant la réaction de Roberto Martinez ?

Comment encore imaginer Witsel en incontournable de la sélection ? Jouer en Chine, c’est l’assurance de se faire oublier et celle de voir son propre niveau, au mieux, stagner.

Comment imaginer qu’un Radja Nainggolan, qui casse la baraque en Italie, puisse encore être le dindon de la farce par rapport à un joueur, aussi doué soit-il, perdu dans le championnat chinois ?

C’est un vrai cas de conscience qui va se poser au sélectionneur des Diables Rouges qui, on le sait, tient Witsel en très haute estime.

Quant au joueur lui-même, il est visiblement prêt à faire une croix sur ce qui, on le pensait, lui tenait vraiment à cœur. En terme d’approche et de priorité, c’est sans doute cela la plus grande déception...

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