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Eddy est fossoyeur, Jérôme est facteur, Claude est enseignant : ils sont en grève ce mardi

Eddy est fossoyeur. Il est en grève ce mardi.
31 mai 2022 à 08:59 - mise à jour 31 mai 2022 à 12:06Temps de lecture3 min
Par F. Braibant, A-C Croufer avec C. Adam

Les services publics sont en grève ce mardi. Les syndicats dénoncent les désinvestissements, la concertation sociale en panne. Ils s’inquiètent pour l’avenir des pensions, l’harmonisation des statuts et la baisse du pouvoir d’achat. Des services publics qui tournent avec des travailleurs parfois sous payés et déconsidérés.

Jérôme, facteur : "Pour un temps plein, je gagne 1600 euros par mois"

Jérôme est un jeune facteur. Il participe à cette grève : "J’ai 34 ans. Je suis facteur depuis 14 années. Pour un temps plein, je gagne aux alentours de 1600 euros. Maintenant, ça varie assez fort en fonction des diverses primes, en faisant par exemple des journaux. J’ai quand même une grosse demi-heure de trajet tous les jours. Mon horaire commence à 6 heures 30, et mon heure de fin fluctue en fonction des courriers qu’on a. Je suis papa d’une petite fille. J’ai une maison à rembourser encore quelques années, donc c’est vrai que ça devient assez difficile tous les mois. Déjà pendant la crise du Covid, beaucoup de choses ont augmenté. Ce que j’ai rogné par exemple, ce sont les restaurants, les sorties culturelles. Il faut vraiment être deux personnes à travailler de nos jours. Je ne cherche pas l’argent pour l’argent. Vivre dignement, c’est ce qui me paraît vraiment le plus important. Dans beaucoup de secteurs, le personnel est vraiment en manque, les investissements dans le matériel dans les services publics… ça mérite un gros investissement de la part du gouvernement."

Claude, enseignant : "Il faut remplacer beaucoup plus vite les professeurs absents"

L’enseignement sera également touché et perturbé par ce mouvement de grève. Claude a la soixantaine. Il est professeur de soudure dans l’enseignement technique. Et il sera également en grève ce mardi.

Bien sûr, Claude aimerait gagner plus, mais ce qui le motive à participer à cette grève, c’est surtout le manque d’investissements et de collègues. Et il le répète, il faut absolument engager : "Nous voudrions que les collègues absents soient remplacés beaucoup plus rapidement parce que ce sont ceux qui sont présents qui doivent prendre en charge les élèves du personnel qui est absent. Et ça arrive très très régulièrement. Dans les ateliers, là, ça devient pénible parce que quand vous avez 12 postes, vous pouvez placer des élèves qui vont travailler. Si vous avez plus que 12 élèves, il n’y a plus de place. Donc on doit les mettre à deux, puis ils jouent, ils chipotent, ils cassent… quand ils sont inoccupés, c’est un peu comme tout le monde, ils cherchent à s’occuper. Il faut donc être très vigilant et veiller à ce que chaque apprenant ait sont travail à faire et l’exécute le mieux possible. Tout le monde en souffre. Il faudrait un système pour remplacer beaucoup plus vite les professeurs absents."

Eddy, fossoyeur : "Aller jusqu’à 67 ans, ça va être pénible"

Eddy Danze a 52 ans. Il est fossoyeur à la Ville de Seraing depuis un quart de siècle. Son travail est pénible et il s’imagine difficilement tenir jusqu’à la pension : "C’est très difficile physiquement et mentalement, parce que, tous les jours, on est confronté au malheur des gens. Physiquement, nous pelletons, nous ouvrons les caveaux, nous ouvrons les concessions, c’est tout le temps un travail de force. Plus, en hiver, tout ce qui est exhumation. Ce qui est pénible, c’est qu’on est dehors par tous les temps. Voilà 25 ans qu’on terrasse tous les jours, tous les jours, tous les jours… Le dos et les épaules commencent à prendre un peu d’usure. Avant, on pouvait partir à 60 ans, mais le gouvernement a décidé que 60 ans, c’était trop jeune. Donc maintenant, on doit aller jusqu’à 67 ans. Ça va être pénible parce que déjà aujourd’hui, on commence à ressentir non seulement l’âge mais la force physique qu’on a mise pendant des années."

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