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Ed Gein, le tueur en série qui a inspiré 3 monuments du cinéma

Quand on regarde Psychose, Massacre à la tronçonneuse et Le Silence des agneaux, on n’imagine pas un seul instant que chacun de ces films représente une seule facette d’un même tueur qui a réellement existé. Et pourtant... un tueur en série américain nommé Ed Gein, surnommé 'le boucher de Plainfield', possédait à lui seul, toutes les caractéristiques atroces de ces trois monuments du cinéma. Les explications de Franck Istasse.

De quoi ça parle ?

Psychose, réalisé en 1960 par le maître du suspense Alfred Hitchcock, raconte l’histoire de Norman Bates (joué par Anthony Perkins), un gérant de motel totalement déséquilibré, qui garde le cadavre momifié de sa mère à la cave et se déguise en vielle femme pour assassiner des jeunes filles qui échouent malheureusement chez lui.

Massacre à la tronçonneuse, réalisé en 1974 par Tobe Hooper, interdit dans plusieurs pays à sa sortie, raconte comment une bande de jeunes qui voyagent dans le fin fond du Texas, va se faire charcuter par une famille de dégénérés, dont un des rejetons se balade avec un masque de peau humaine pour découper ses victimes à coups de tronçonneuse.

Et enfin le Silence des agneaux, réalisé par Jonathan Demme en 1991, raconte l’histoire de la jeune agente du FBI, Clarice Starling - Oscar de la meilleure actrice pour Jodie Foster - qui essaie d’obtenir l’aide du tueur en série emprisonné Hannibal Lecter - Oscar du meilleur acteur pour Anthony Hopkins - afin de mettre fin aux agissements d’un autre tueur, surnommé Buffalo Bill (comme le célèbre chasseur de bisons) parce qu’il retire la peau de ses victimes pour s’en faire des vêtements.

Trois films donc, trois œuvres majeures qui chacune dans leur genre sont devenues culte dès leur sortie en salle. A voir absolument si on ne les a jamais vus, ou à revoir car ces films ne vieillissent pas et restent toujours aussi effrayants, chacun dans leur genre. Et surtout, trois films totalement inspirés de faits réels... du même fait réel.

Pour comprendre d’où les scénaristes et les réalisateurs ont tiré leur inspiration, il faut remonter dans le temps, à la fin des années 50, dans une petite ville perdue du Wisconsin aux États-Unis : Plainfield.

L’enfer sur terre

Nous sommes le 16 novembre 1957, en pleine nuit. Le sheriff de Plainfield, se dirige avec un de ses hommes vers une ferme isolée en dehors de la ville. Le propriétaire de cette ferme, c’est un certain Edward Gein qui a été vu en ville aux alentours de la quincaillerie plus tôt dans la journée. Or, la gérante de cette quincaillerie a disparu de façon inquiétante... Il y avait des traces de lutte dans son magasin, ainsi que des taches de sang sur le sol. Ed Gein va peut-être pouvoir aider les policiers dans leur enquête. Mais quand le sheriff arrive à la ferme : tout est éteint et les portes sont fermées. Les policiers décident de forcer l’entrée du hangar juste à côté. Ils allument leurs lampes torche et pénètrent sans le savoir en enfer...

Car dans ce hangar sordide, les deux hommes découvrent le corps nu d’une femme décapitée, pendu par les pieds, jambes écartées. Elle est éventrée et éviscérée. Il s’agit du corps de cette malheureuse gérante de quincaillerie. Les policiers sortent en vitesse, préviennent le central et on arrête directement Ed Gein.

Mais la police retourne à la ferme, cette fois avec toute une équipe et force la porte d’entrée principale. Ce qu’ils découvrent dépasse l’imagination : l’odeur est pestilentielle et il y a des morceaux de cadavres dans toutes les pièces de la maison qui sont dans un désordre absolu.

Les policiers commencent alors un recensement de débris humains inimaginable :

  • Des crânes humains qui servent de bol
  • Des divans, des abat-jours qui sont réalisés avec de la peau humaine
  • Des interrupteurs faits avec des lèvres
  • On découvre aussi des bijoux faits avec des os ou des colliers réalisés avec des mamelons ou des oreilles. Et une tête décapitée, c’est celle d’une autre femme de la région disparue il y a trois ans.

Ce décorum cadavérique a inspiré le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse : dans le film, la famille de dingues tueurs a refait tout son mobilier avec des os et des bouts de corps humains !

Ensuite, les policiers trouvent également des vêtements chez Ed Gein, mais des vêtements qu’il fabrique avec de la peau humaine : il y a une veste, des jambières, des gants etc. Et ça, ça fait immanquablement penser à Buffalo Bill, le tueur du Silence des agneaux.

Ed Gein va finir par tout avouer, assez rapidement, en fait dès que les policiers lui offrent un morceau de tarte, il devient coopératif et explique tout ce qu’il a fait.

Mais il n’avoue que deux meurtres. Or, il y a trop de morceaux de corps humains dans cette ferme, donc forcément plus que deux victimes. La solution, c’est Ed Gein qui va la donner aux enquêteurs : il lisait les rubriques nécrologiques et dès qu’il y avait une morte dans les environs, la nuit, il partait la déterrer pour ramener le cadavre chez lui afin de fabriquer ses vêtements, ses ustensiles de cuisines et ses meubles macabres.

Edward Gein in Court

Comment peut-on à ce point sombrer dans la folie ?

Les psychiatres ont diagnostiqué Ed Gein aliéné mental et il va mourir des années plus tard, en 1984 dans une institution psychiatrique.

On découvrira lors de l’enquête qu’il a vécu longtemps seul avec une mère tyrannique, violente et croyante fanatique. C’est quand elle est morte que son monde s’est écroulé. Exactement comme dans Psychose, ou le tueur Norman Bates avait une relation malsaine avec sa mère qui lui cause un dédoublement de personnalité et le plonge dans une folie meurtrière.

Les actes terribles de Ed Gein vont être extrêmement médiatisés et vont traumatiser l’Amérique tout entière. Robert Bloch, l’écrivain de romans policiers et de romans fantastiques est fasciné par Ed Gein dont il suit toute l’histoire dans la presse.

Il en tire un livre à succès intitulé Psycho en 1959. Hitchcock va l’adapter pour réaliser Psychose en 1960, puis il y aura Massacre à la tronçonneuse et puis le Silence des agneaux… Souvent, la réalité dépasse la fiction !

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