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Ecoute-enfants : le numéro "103" en quête de visibilité

Le 103 en manque de visibilité

© ljubaphoto-Getty Images

La ligne Ecoute-Enfants existe depuis 1989. Aujourd’hui, elle fait le constat d’un manque de visibilité auprès des publics cibles.

Plus de 11.000 appels en 2021

" Je suis harcelé à l’école, mais personne ne m’aide, pouvez-vous m’aider ? " " Mon copain veut le faire avec moi, mais je ne me sens pas prête." "Je suis homosexuel, mais je ne sais pas comment le dire à mes parents."

Voici le genre de question que les opérateurs du numéro 103 traitent quotidiennement. Géré par l’intercommunale namuroise IMAJE et financé par la Fédération Wallonnie-Bruxelles, ce service téléphonique gratuit tente de traiter toutes les thématiques que les enfants et adolescent lui soumettent. "En 2021, nous avons reçu un peu plus de 11.000 appels, c’est-à-dire une moyenne de 30 appels par jour", explique Sylvie Courtoy, la coordinatrice du 103.

Des jeunes plus anxieux

Selon les psychologues et les assistantes sociales qui constituent l’équipe du 103, la crise sanitaire, avec ses confinements et ses cours à distance, n’a pas augmenté le nombre d’appels. Elle a en revanche donné un ton plus grave aux échanges. Un sentiment d’anxiété généralisé semble s’être ancré chez les jeunes. "On sent une souffrance, une solitude, de la peur et de l’anxiété. Certains se demandent ce qui va encore leur tomber sur la tête", témoigne une psychologue.

Plus que jamais, les opérateurs ont conscience de l’importance de leur mission. Mais ils déplorent un manque de visibilité : selon une récente enquête, 70% des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles ne connaissent pas le 103.

Devenir aussi célèbre que le 112

Alors l’intercommunale namuroise IMAJE, qui gère ce service, veut agir. "Nous faisons déjà de la publicité, sur les réseaux sociaux ou dans les journaux de classe, mais il faut aller plus loin", explique Lionel Naomé, son président. "Il faut que le 103 devienne un équivalent du 112. Cela passe par plus de publicité, dans les écoles, mais aussi dans les clubs de sports, au sein des mouvements de jeunesse ou dans les transports en commun."

Les équipes du 103 ont donc accueilli la ministre francophone de l’aide à la jeunesse, Valérie Glatigny, pour la sensibiliser à la question. On ne parle pas à ce stade d’augmenter le financement, mais plutôt de mettre en place une plateforme de réflexion pour mieux faire connaître le 103 à tous les niveaux. "L’objectif est de réunir tous les acteurs de l’aide à la jeunesse pour leur rappeler l’existence de ce numéro, et pour voir comment ils peuvent le relayer", a expliqué la Ministre.

Le 103 est un numéro gratuit et anonyme, joignable 7 jours sur 7, entre 10 heures et minuit. Il est ouvert aux enfants et adolescents, mais aussi à leurs parents ou leurs proches (enseignants, chefs scouts, etc.).

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