Ensemble pour la planète

Éconnaissances : des conseils et formations pour votre potager en permaculture

© Éconnaissances

Suite à une profonde remise en question de notre modèle de société et à une transition écologique personnelle, Benjamin Ingebos et Marie Marchant décident de bifurquer. Bioingénieurs de formation, ils refusent de s’insérer dans un système qui n’est pas fait pour les rendre heureux et qui détruit notre planète de manière catastrophique. Ils créent alors leur propre projet professionnel : Éconnaissances.

Depuis tout petits, Benjamin et Marie se passionnent pour la nature et son fonctionnement. Instinctivement, ils se lancent dans des études universitaires de bioingénieurs. C’est là que leur histoire commune débute. "Nous avons tous les deux entrepris ces études pour agir, avoir un impact positif sur l’environnement. Nous savions que c’était notre chemin, sans savoir exactement vers où nous nous dirigions", explique Marie.

Mais alors qu’ils se voient doctorants, un évènement vient totalement rebattre les cartes. " En 2016, six mois avant la fin de notre Master, Marie a fait un AVC. Cet incident a totalement transformé notre vie ", confie Benjamin. En convalescence, Marie n’est plus capable d’être très active. Alors, pour égayer ses journées, son papa lui propose de créer son propre potager dans le jardin familial. Assez rapidement, Benjamin se prend lui aussi au jeu. "Ce projet nous correspondait parfaitement et correspondait à nos aspirations écologiques. Produire sa propre nourriture, de manière locale, était un premier pas dans notre propre transition."

Quelques mois plus tard, Benjamin termine ses études. Mais maintenant, que faire ? Car, les différentes opportunités qui s’offrent à lui ne lui correspondent pas. Elles font toutes partie d’un modèle de société que le couple remet désormais en question. "Le système actuel n’est pas fait pour nous rendre heureux. Il n’est pas généreux, il croît au détriment de la Vie." Il décide alors de résister, de sortir des sentiers battus.

Éconnaissances

Profonde transition écologique

Pas à pas, Benjamin et Marie changent leurs habitudes de consommation, vers plus de résilience. Ils s’essayent au zéro déchet, revisitent leur alimentation et s’interrogent sur leurs déplacements. Le couple entame une profonde transition écologique, à leur rythme. "Après avoir pris conscience du rôle primordial de l’agriculture et de l’alimentation dans notre société et dans les problèmes environnementaux actuels, j’ai travaillé dans le secteur du maraîchage bio", raconte Benjamin. Dans le même temps, Marie se remet progressivement de son AVC et termine remarquablement ses études. " Il m’aura fallu deux années supplémentaires… "

En 2019, leur passion commune et grandissante pour le potager en permaculture revient au premier plan. Ensemble, ils décident d’oser et de se battre pour ce qui leur semble juste et pour créer un nouveau récit.

Éconnaissances

« Écologie » et « connaissances »

Animés par la volonté de transmettre leurs connaissances, et au vu de l’importance d’agir maintenant et avec force pour le climat, Benjamin et Marie se lancent dans l’aventure Éconnaissances. "Notre but est d’aider les particuliers, quelle que soit leur expérience, à faire leur propre potager. Concrètement, ça se traduit par trois types d’activités", précise Benjamin.

L’activité principale est la formation au potager en permaculture. "Ce sont des formations pratiques et théoriques approfondies pour apprendre à concevoir, créer et entretenir un potager selon les principes de la permaculture, du bio et de l’agroécologie." Ces formations durent six jours, étalés de mars à octobre afin de suivre le processus complet d’une année de culture. Au sein d’un petit groupe, les participants créent un potager sur un terrain généralement nu à la base. Ainsi, ils participent à toute son évolution, de la première graine à la récolte. "Ces formations s’organisent chez l’un des participants qui accueille l’entièreté du groupe. C’est une formule gagnant-gagnant. Car la personne qui nous accueille aura un potager bien entretenu et nous, un terrain rapidement mis à disposition." Une formule qui permet aussi aux autres participants d’apprendre dans un environnement et des conditions auxquels ils peuvent s’identifier. "La raison de ce modèle-là, est d’une part que les gens puissent suivre une formation proche de chez eux et ainsi limiter les kilomètres effectués en voiture. D’autre part, que nous n’avions pas d’espace suffisamment grand pour les accueillir. Mais, dès 2023, nous pourrons aussi accueillir des formations à Braine-l’Alleud, où nous disposons désormais d’une vingtaine d’ares de jardin." Cette maison, que Benjamin et Marie occuperont pour plusieurs années, leur permettra aussi de concevoir de nouvelles formations qui nécessitent plus de temps. " Nous allons pouvoir aborder les petits fruits, les plantes vivaces, les aromatiques, etc. Proposer des formations avec une vision plus large, plus permaculturelle", se réjouit Marie.

Éconnaissances

Ensuite, Éconnaissances propose des ateliers. " Les gens s’inscrivent à la carte pour une ou plusieurs thématiques bien précises. Nous ateliers durent une demi-journée. Nous y abordons les bases du potager en permaculture, mais aussi des sujets plus variés autour de la transition écologique, des plantes et de l’alimentation durable ", explique Benjamin. Une formule plus ponctuelle et flexible, mais qui permet moins de pratique.

Enfin, Benjamin et Marie proposent du conseil à domicile. "Ça permet d’avoir un accompagnement plus personnalisé et adapté à chaque terrain", conclut Benjamin.

Un premier pas vers une transition plus large

Faire son potager en permaculture chez soi ne permettra évidemment pas de nourrir toute la planète et ne résout pas la question des protéines animales ou encore des céréales. Mais pour eux, produire ultra localement une partie de son alimentation et conscientiser les gens aux problématiques environnementales liées à l’alimentation n’est qu’un premier pas vers une transition plus large. "Nous, c’est le potager qui nous a ouvert les yeux et qui a tout remis en question. Ça peut être le cas pour beaucoup d’autres personnes, car la nourriture est quelque chose de viscérale et provoque des réactions fortes chez les gens", raconte Benjamin.

Au-delà des connaissances, du bien-être et de la fierté que procure la culture de son propre potager, l’objectif d’Éconnaissances est de contribuer à une transition écologique positive, motivante et joyeuse, en accompagnant et en aidant les citoyens dans leur démarche. Participer, à leur échelle, à la co-création d’un nouveau récit collectif. "Nous sommes convaincus qu’il est possible et nécessaire de créer une société intégrée à la nature et fondée sur le bonheur et l’altruisme."

Éconnaissances

L’épineuse question financière

Cette activité n’est clairement pas des plus rémunératrice pour le jeune couple. S’ils peuvent vivre décemment aujourd’hui, c’est en partie grâce à l’aide de leurs familles. "Nous avons la chance de pouvoir vivre dans la maison de mes parents, qui se sont installés ailleurs", avance Marie. Benjamin poursuit : "Je trouve ça anormal qu’il soit si compliqué de créer et de vivre d’une activité qui ait du sens dans le contexte écologique actuel. Tout simplement, car le système n’est pas fait pour supporter ce type d’activité. Ce serait plus simple d’aller travailler chez TotalEnergies quoi…"

Ne voulant pas que l’argent soit un critère de sélection pour participer à leurs formations auxquelles tout le monde devrait pouvoir avoir accès, Benjamin et Marie appliquent les prix les plus démocratiques possible. Pour les formations longues, ils demandent 75 euros la journée. Pour les ateliers, le prix est fixé à 35 euros la demi-journée. "Et, si l’aspect financier représente tout de même un frein majeur, les intéressés peuvent toujours nous contacter. Ensemble, nous parvenons à trouver des solutions", conclut Marie.

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