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La Grande Forme

Éco-anxiété : comment garder espoir dans un monde désenchanté ?

Eco-anxiété : mythe ou réalité ?
04 nov. 2021 à 16:413 min
Par Caroline Depuydt et Daphné Fanon

À l’occasion de la COP26, l’équipe de "La Grande Forme" s’intéresse à l’éco-anxiété. Depuis quelques mois, il fait partie des sujets récurrents dans les médias. Il serait causé par le constat environnemental et les inactions politiques. Le point avec le Dr Caroline, psychiatre et médecin référence dans "La Grande Forme."

L’éco-anxiété ou encore "solastalgie" désigne avant tout une sensibilité aux désordres environnementaux, qui peut nous faire ressentir de la peur, de la tristesse, de l’inquiétude voire de la culpabilité. Ce terme est apparu avec le début du 21ème siècle. Plus précisément, la solastalgie est le regret du passé qui n’existe plus; et l’éco-anxiété, l’angoisse face à un futur sombre, comme une sorte de stress pré-traumatique.


►►► À lire aussi : Les éco-anxieux, ces angoissés par le dérèglement climatique, sont-ils alarmistes ou juste lucides ?


45% des jeunes de 15 à 26 ans éprouvent de l’anxiété à cause de la crise climatique, selon le résultat d’une étude rendue publique sur l’anxiété climatique. L’étude est basée sur un sondage auprès de 10.000 jeunes de 16 à 25 ans dans 10 pays. L’étude indique également que 75% des 15-26 ans jugent le futur " effrayant " et 56% estiment que " l’humanité est condamnée ".

Éco-anxiété : mythe ou réalité ? Comment garder de l'espoir dans un monde désenchanté

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Elle touche particulièrement les jeunes, parce que c’est de leur santé qu'il s’agit ! Mais d’autres personnes sont également "à risque" face à l’éco-anxiété. C’est notamment le cas des urbains qui peuvent se sentir plus déconnectés de la nature, des paysans qui ont un rapport fort à la terre, ou encore des scientifiques, notamment les climatologues, qui sont en contact direct avec les chiffres et les études.

Comment ça se manifeste ?

La manifestation de cette anxiété est propre à chacun. Elle peut provoquer des problèmes de sommeil, dans le travail, ou se manifester par l’incapacité à profiter des divertissements. Certains décrivent aussi un sentiment grandissant de colère. D’ailleurs, On peut voir aussi une augmentation de l’agressivité. En 2018, une méta-analyse publiée dans la revue Science établit un lien entre canicules et augmentation de la violence : un degré de plus augmente la violence de 5 à 14%. Les auteurs craignent que dans un futur proche, le changement climatique puisse fortement amplifier les conflits humains et les taux de suicide.

L’éco-anxiété peut même relever de la pathologie, lorsque l’individu se sent dépassé par ses émotions et que la souffrance morale devient trop importante, voire qu’apparaît une dépression ou des idées noires.

5 stratégies pour faire face à l’éco-anxiété

  • Les petits gestes au quotidien

Changer de mode de transport, consommer moins de viande, réduire ses déchets… Même si l’on a parfois l’impression que c’est dérisoire ce sont ces petites gouttes qui font l’océan.

  • La mobilisation collective

Le fait de se regrouper entre personnes qui partagent nos centres d’intérêt aide à se sentir compris et à transformer notre souffrance en force. Cela permet de diminuer le sentiment d’impuissance et de limiter aussi " l’éco-paralysie ", autrement dit, le fait de ne plus rien faire tellement les enjeux sont immenses. Cette mobilisation permet petit à petit de changer les mentalités.

  • Découvrir les initiatives locales

Cela aide à se rendre compte de la mobilisation autour de ces enjeux. Se rendre à la COOP de son quartier, acheter local, voire une boulangerie participative qui s’ouvre dans sa rue.

  • En parler

Partager ses angoisses ou ses pistes de solution aide à se sentir moins seul. Gardons aussi à l’esprit qu’il est plutôt normal de réagir de cette manière face à ces sujets, cela montre que l’on se sent concerné, et que l’on souhaite préserver notre environnement.

  • Prendre conscience de ses propres limites

Reconnaître ses limites et les accepter est important, pour ensuite agir, à l’échelle individuelle ou collective. Et de la même manière qu’on ne peut pas défendre toutes les causes, il faut choisir ses batailles et les mener, sans s’empêcher d’être heureux et de vivre.

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h30 en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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