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Régions Brabant wallon

Eclairage public : Ores propose à ses 200 communes clientes l’extinction des feux entre minuit et 5H

Depuis août dernier, l’éclairage public de la commune de Rebecq est éteint en semaine, de minuit à 5 heures du matin. Seuls trois carrefours et un rond-point dangereux font exception. Décidée il y a environ deux ans, cette mesure d’économie prend une dime

Après l’éclairage des autoroutes, c’est l’éclairage public des communes qu’on pourrait couper, la nuit, pour faire des économies !

Ores, le principal gestionnaire wallon de distribution d’électricité, vient en tout cas d’envoyer par courrier une proposition dans ce sens à ses 200 communes clientes, soit les 3/4 des communes wallonnes. Celles-ci ont jusqu’au 15 octobre pour répondre.

Extinction totale

La mesure d’économies proposée par Ores s’appliquerait à l’ensemble du territoire communal. Pas d’exception dans un quartier ou une rue, pour des raisons techniques inhérentes au système d'éclairage. "Si chaque commune demandait une ou deux exceptions, cela deviendrait un casse-tête pour nos équipes techniques", explique Annabel Vanbever, porte-parole d’Ores. "Nous voulons un plan d’économies rapide, vu la crise énergétique actuelle". Dans les communes qui accepteront la mesure, l’extinction sera appliquée 7 jours sur 7, de minuit à 5 heures du matin, entre le 1er novembre prochain et le 31 mars 2023.

Economies locales

Nous avons contacté quelques communes. Il s'avère que plusieurs d’entre elles réfléchissent déjà à un plan d’extinction partielle ou totale pour faire des économies. D'autres seraient sur le point d'entamer la réflexion. Certains collèges ont interrogé leur population, comme Walhain. D’autres, comme la commune de Walcourt (province de Namur), montrent un vif intérêt pour la proposition d’Ores. Avant de se prononcer, les collèges communaux devront analyser l’impact d’une telle mesure sur le plan financier, technique et sociétal.


Réticences

Parmi les inquiétudes de certains citoyens : les aspects sécuritaires, comme la sécurité routière, le sentiment de sécurité ou la crainte d’actes de délinquance. Des études menées chez nos voisins français montrent toutefois que ces craintes sont exagérées, voire infondées, dans de nombreux cas. "L'éclairage public vise surtout les piétons. Or, les balades à pied sont exceptionnelles pendant la nuit. Au niveau sécurité, 80% des cambriolages ont lieu en journée. L’extinction nocturne éviterait également les attroupements sur la voie publique au-delà d’une certaine heure". Des arguments qui pourraient convaincre les habitants les plus sceptiques.

"Mais c’est surtout l’urgence climatique et l’actualité de la crise énergétique qui nous font comprendre qu’il faut agir", nous a confié une habitante de Rebecq, en Brabant wallon. Car depuis quelques semaines, la petite commune applique l’extinction nocturne de son éclairage public, en semaine uniquement.

Rebecq pionnière

Dans le sud du pays, quelques communes germanophones ainsi que la commune de Rebecq, en Brabant wallon, ont un train d’avance en matière d’économies d’énergie. Le Collège de Rebecq avait déjà pris les devants, en réfléchissant à une série de mesures, il y a plusieurs années. Il y a environ deux ans, un accord a été conclu. Les négociations avec le distributeur Ores ont abouti. Et depuis août, l’éclairage public est coupé en semaine, entre minuit et 05 heures du matin. "La coupure s’est effectuée progressivement. Il a fallu quelques jours pour que les opérations techniques soient terminées", explique Jean-Paul Denimal, échevin de l’Energie. "En deux ans, Rebecq aura amorti les frais techniques dus aux aménagements nécessaires et aux nouvelles programmations. Trois carrefours et un rond-point relativement dangereux resteront éclairés. Des leds permettront aussi de baliser certains sites. Nous voulions faire des économies déjà avant la crise. Mais aujourd’hui, notre plan est totalement justifié en raison de l’augmentation des coûts de l’électricité".

En fonction de l’évolution des coûts de l’électricité, la commune pourra évaluer l’importance des économies réalisées. "Au niveau énergétique, on pourra économiser environ 60.000 kW/h par an", explique Gwenaël Haeck, éco-conseiller. "A la base, on avait tablé sur une économie d’environ 12.000 euros par an, mais avec la hausse du coût de l’électricité, cela pourrait représenter une économie deux ou trois fois supérieure. Il faudra faire le calcul".
La commune espère aussi un impact positif sur l’environnement. Comme la plupart des entités locales, elle prendra d’autres mesures pour lutter contre le gaspillage énergétique, par exemple au niveau du chauffage.

 

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