Elections en Belgique

Duel : PS et Ecolo sur la même longueur d’onde

"Un duel serein et respectueux"

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

21 mai 2019 à 19:05 - mise à jour 21 mai 2019 à 19:05Temps de lecture4 min
Par Arthur Lejeune

Les relations entre Ecolo et le PS ne sont pas les mêmes que celles que les verts entretiennent avec le MR. Alors que le débat entre Jean-Marc Nollet et Charles Michel il y a quelques jours était électrique, l’ambiance qui régnait dans le cube ce mardi soir entre Zakia Khattabi et Elio Di Rupo étaient plutôt aux sourires.

Dès le départ, le ton est donné. Au lieu d’amener des cadeaux pour attaquer leur opposant, Zakia Khattabi et Elio Di Rupo se sont chacun offert des cadeaux beaucoup plus sympathiques que lors des trois premiers duels : un livre pour Zakia Khattabi, « Comment parler le belge ». Ce cadeau représente pour la coprésidente d’Ecolo son attachement à la Belgique : « Nous sommes, M. Di Rupo et moi, plus attachés à la Belgique que toute la N-VA ». Le ton est consensuel, et il va le rester jusqu’à la fin.

Pour Elio Di Rupo, ce sera un parapluie, d’un designer wallon, pour « protéger de la pluie de taxes instaurée par le gouvernement MR et N-VA », précise le président du PS. Pour lui, le Parti Socialiste est « le parti de la protection ». Zakia Khattabi le remercie, même si, ironise-t-elle, « Ecolo a assez grandi aujourd’hui et n’a plus besoin d’autant de protection de la part de leurs collègues socialistes ».

Elio Di Rupo offre un parapluie à Zakia Khattabi

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

« La question environnementale est la question sociale du 21e siècle »

Dans les programmes du Parti Socialiste et d’Ecolo, on remarque de nombreuses convergences, et le ton de ce duel vient l’attester. Souvent, les deux candidats se montrent d’accord, et ajoutent simplement quelques nuances propres aux idées de leur parti. D’un côté, le PS se revendique éco-socialiste. De l’autre, Ecolo dit faire de l’écologie sociale. Quand on leur demande d’expliquer ces deux principes, les réponses sont similaires. Pour Elio Di Rupo, l’éco-socialisme, c’est répondre à l’urgence sociale et à l’urgence environnementale en même temps. Parce que, précise-t-il, « les citoyens qui éprouvent des difficultés financières peuvent avoir plus de mal à réaliser qu’il faut faire un effort pour l’environnement ».

Quant à Zakia Khattabi, quand Thomas Gadisseux lui demande en quoi Ecolo est social, sa réponse est simple : « Croire que le social et l’environnemental sont deux choses différentes, c’est une erreur ». Pour elle, la question environnementale est LA question sociale de ce siècle. L’un ne va pas sans l’autre, car « les premières victimes du réchauffement climatique sont aussi les plus précarisées », souligne la coprésidente des Verts.

Eco-socialisme ou écologie sociale ?

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Vers une convergence des gauches ?

Vu le ton entre les deux candidats, l’hypothèse est légitime : se dirige-t-on vers des coalitions de gauche ? Elio Di Rupo et Zakia Khattabi ne l’excluent évidemment pas, mais bottent à moitié en touche. La coprésidente d’Ecolo insiste plutôt sur le programme : « Je suis pour une convergence climatique, c’est-à-dire former l’alliance qui pourra nous permettre d’aller le plus loin possible dans la lutte environnementale ». La coprésidente d’Ecolo est rejointe par Elio Di Rupo, pour qui « la fin du monde et la fin du mois, c’est le même combat ».

Mais malgré la préoccupation écologique, le président des socialistes insiste, lui, particulièrement sur les plus défavorisés : « C’est une question centrale pour nous ». Pour Elio Di Rupo, il faut permettre à tout le monde de participer à la transition énergétique. Et pour cela, il faudra probablement aider certains financièrement. Ce qui passe, notamment, par une augmentation de leurs revenus.

Vers une convergence des gauches après le 26 mai?

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Zakia Khattabi attend une réaction du MR par rapport à la N-VA

Si Zakia Khattabi n’ose pas déjà parler d’une possible alliance avec le PS, elle est déjà certaine d’une chose : elle ne veut plus de la N-VA dans la majorité. Des alternatives devraient être possibles selon elle, notamment avec son parti : « Si la famille Ecolo-Groen est première à la chambre, il sera possible de faire un gouvernement sans la N-VA, espère la candidate Ecolo. Tout le monde a payé, au niveau économique et au niveau de notre cohésion nationale, leur présence au gouvernement pendant cinq ans ».

Zakia Khattabi en profite pour attaquer le MR, qui n’a toujours pas réagi aux nouvelles révélations sur les nationalistes flamands. « Je souhaiterais entendre le MR aussi vindicatif envers la N-VA qu’il ne l’a été à notre égard », conclut la coprésidente des Verts. De son côté, Elio Di Rupo estime que les propos de Bart De Wever dans l'enregistrement sonore pourraient « être poursuivis pénalement ». En ce qui concerne la présence de la N-VA, le candidat socialiste n’a qu’un espoir : « Le PS doit être le parti de référence ».

Des alternatives sans la N-VA sont possibles

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Une seule divergence : le prix de l’électricité

Alors que les deux candidats sont, à quelques nuances près, plutôt d’accord durant tout ce débat, le thème de l’électricité montre les différences de priorité qui subsistent entre les deux partis. Pour Elio Di Rupo, les Belges paient trop cher leur électricité. Il faut donc baisser la TVA de 21 à 6%. « Cela bénéficierait immédiatement à la population, alors qu’il faudrait attendre un an, voire un an et demi si on décidait d’instaurer une aide fiscale », argumente le président socialiste. Selon lui, c’est une mesure sociale qui doit se faire immédiatement pour aider les plus bas revenus (avec un salaire de 1000 euros par mois), qui dépensent près de 10% de leurs revenus pour l’électricité.

« Nous partageons la préoccupation sociale », rétorque Zakia Khattabi. Mais pour elle, baisser la TVA ne répond pas à un autre objectif essentiel : baisser notre consommation énergétique. En échange, Ecolo propose une aide dirigée vers les plus démunis : « La baisse de la TVA coûterait environ 800 millions d’euros. Pourquoi ne pas allouer ce montant aux personnes qui en ont le plus besoin ? ». De cette façon, le prix resterait le même pour ceux qui ont les moyens de payer leur électricité, et on n’inciterait donc pas à une surconsommation, estime Zakia Khattabi.

 

Elio Di Rupo veut baisser la TVA sur l'électricité à 6%

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous