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Chroniques

Du roi au citoyen: vivre en pénurie

Du roi au citoyen: vivre en pénurie
22 déc. 2014 à 10:392 min
Par Philippe Walkowiak

A tous les étages de la maison " Belgique ", on se serre la ceinture et on la serrera encore plus demain, au point d’hypothéquer le fonctionnement de pans entiers des services publics.

" A l’os "

Dernière affaire en date : le déplacement d’agrément de la famille royale vers les plages ensoleillées de Bali, aux frais d’un budget de la Défense Nationale de plus en plus famélique. On a toujours fait comme ça… l’armée prend à sa charge les déplacements du chef de l’Etat, quels qu’ils soient. Mais peut-être serait-il de bonne gestion de les imputer simplement à la dotation royale quand il s’agit de villégiature, sans aucune représentation ?

Mais plus globalement, tout cela repose la question de la limite des services fournis par les agents publics dans une période d’austérité. Le ministre de la Défense, le N-VA Steven Vandeput, l’a déjà indiqué : la réduction du budget de la Défense impliquera de renoncer à certaines missions, à certaines fonctions. Didier Reynders ne dit pas autre chose : c’en est fini des mesures d’économies linéaires, il faut passer aux mesures structurelles.

A chaque fois, il s’agira de renoncer à une chose pour continuer à assurer les autres tant que bien que mal.

Kris Peeters préfigurait déjà le contrôle budgétaire de mars prochain : il ne sera plus possible de faire des économies dans le fonctionnement de l’état, on est à l’os, disait-il.

Revoir le périmètre de l’action publique ?

Cette cure d’austérité frappe aussi les Régions ou les Communes. Quand la Wallonie prévoit de ne plus remplacer le départ d’un fonctionnaire sur cinq, elle n’agit pas autrement. A ce stade, on ignore quel service sera touché mais il sera difficile d’affecter un comptable excédentaire dans un service à un poste d’éclusier. La mesure linéaire a ses limites.

Par ailleurs, des services publics renoncent progressivement à des missions qu’elles remplissaient jusqu’ici : De Lijn supprime ses lignes avant 10h du matin le dimanche, le CPAS de Tournai supprime 48 emplois et des services, ce sont les entreprises (privées) de travaux… publics qui s’inquiètent du manque d’investissements… publics etc…

La Justice est aux abois depuis plusieurs années : factures impayées, palais de Justice qui menacent ruine, budget de fonctionnement insuffisant, prisons insalubres, etc… et dans ce secteur, difficile de renoncer à assumer certaines fonctions.

De la SNCB à la plus petite commune en difficultés en passant par les provinces ou les SPF, il faut s’attendre à des restrictions du même acabit.

Mais au-delà de ces considérations concrètes, c’est sans doute aussi le modèle social belge qui se voit remis en cause au nom d’une logique européenne de plus en plus décriée. Vivre avec la pénurie de moyens publics ?

Philippe Walkowiak

 

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