Politique

"Du harcèlement permanent pour des petites choses" : un témoin accable le greffier du Parlement wallon

Témoignage accablant dans l affaire Janssens

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14 sept. 2022 à 16:24 - mise à jour 14 sept. 2022 à 16:26Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, sur base d'une interview de T. Gadisseux

Le Bureau du Parlement wallon s’est réuni hier, mardi, pour examiner le cas du greffier du parlement, Frédéric Janssens. Lundi, celui-ci faisait l’objet de révélations et d’accusations à propos de sa manière de gérer le personnel du parlement. Il était aussi question des dépenses engagées par l’institution.

Notre rédaction a rencontré un membre du personnel du parlement. Il témoigne anonymement au sujet du harcèlement qui serait pratiqué par le greffier.

"La situation devenait ingérable"

"La situation devenait ingérable", ce sont les mots de notre témoin. Pourquoi personne n’a-t-il parlé plus tôt pour révéler ce que vit le personnel du Parlement wallon ? "Quand vous avez affaire à un dictateur et qu’il est seul maître à bord, vous vous méfiez", répond notre interlocuteur. "Si jamais vous rouspétez et qu’il sait que c’est vous, il va vous harceler pendant des semaines, des mois, si pas des années", ajoute-t-il, lui qui dit avoir fait face à "du harcèlement journalier pour des broutilles". "Un fauteuil qui est mal mis à ses yeux, vous n’allez pas appeler l’ascenseur assez tôt, vos chaussures font du bruit ou chez les dames, une couleur de maquillage qui ne lui plaît pas", autant d’exemples que donne le témoin rencontré par la rédaction de la RTBF.

La raison derrière les cas de burn-out des membres du personnel

Pour ce membre du personnel, "à 90 ou 95%, le personnel est quasi au bout du rouleau et cela justifie le nombre de burn-out". "Les gens qui sont en burn-out ne le sont pas à cause de la charge de travail. Ils sont en burn-out à cause du climat qui règne", précise le témoin.

"Il vous harcèle, demande une note dans l’heure ou dans les deux heures. Vous ne prenez pas de temps de midi, vous lui rendez la note et vous rendez compte que pendant un mois vous n’avez pas de nouvelles de cette note", explique notre témoin. "C’est sa manière de harceler. Il est très vicieux et très pervers. C’est du harcèlement permanent pour des petites choses", ajoute-t-il.

Peu d’espoir que le monde politique agisse

Quand on interroge notre témoin sur ses attentes vis-à-vis du monde politique dans cette affaire, notre témoin manifeste peu d’enthousiasme. "Il fut une époque où on attendait quand même une aide, une compréhension de leur part", explique-t-il. Mais voir le Bureau du parlement terminer sa réunion, ce mardi, sans décision est pour lui une déception. "La confiance en ce qui concerne au moins les membres du bureau est presque nulle à l’heure actuelle", explique-t-il, "parce qu’en fin de compte, ils sont juges et parties. Ils reçoivent le greffier et se justifient pour divers faits alors qu’ils sont, quelque part, impliqués. Ils ne sont peut-être pas coupables des faits que X a faits, mais ils sont responsables", poursuit-il. "Jusqu’à preuve du contraire, au-dessus du greffier, c’est le Bureau", conclut notre témoin.

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