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Santé & Bien-être

Droit à l’avortement : un droit acquis en Belgique mais un "droit fragile"

Droit à l'avortement : un droit acquis en Belgique

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25 juin 2022 à 18:26 - mise à jour 26 juin 2022 à 09:10Temps de lecture3 min
Par Marie-Laure Mathot sur base du sujet de Laurent Van De Berg.

La décision de la Cour suprême aux Etats-Unis est commentée partout dans le monde et inquiète jusqu’en Belgique. Un tel renversement de l’histoire est-il imaginable chez nous ? Comment la lutte pour l’avortement s’est-elle construite en Belgique ? Décryptage.

"Mon ventre. Mon choix", criaient certaines. En Belgique, dans les années 70, l’avortement est un acte totalement illégal. C’est en 1973 qu’un médecin namurois, Willy Peers est arrêté pour avoir pratiqué près de 300 avortements. Il est emprisonné une vingtaine de jours avant d’être libéré. Il lance ainsi un mouvement de désobéissance civil. D’autres médecins le suivent et pratiquent l’avortement.

Mais ce n’est qu’en 1990 que l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) est dépénalisée partiellement… sans le soutien du Roi Baudouin qui refuse de contresigner la loi. Celui-ci cesse de régner temporairement.

En 2018, des évolutions ont lieu. "Il y a eu une nouvelle loi qui a permis de supprimer l’état de détresse que doit démontrer la femme quand elle demande une IVG", explique Diane Gardio, présidente de la commission jeunes, Conseil des femmes francophones de Belgique. "Cette loi a aussi sorti l’avortement du Code pénal."

Mais des sanctions subsistent en cas de non-respect des conditions : pas d’avortement au-delà de 12 semaines de grossesse, un délai de réflexion de 6 jours obligatoire. Il est contesté.

Comme aux Etats Unis, une marche arrière est-elle possible ?

Pas à court terme. Mais un risque subsiste. "C’est clairement encore un droit qui est fragile", répond Diane Gardiol. "On constate une montée des partis d’extrême-droite en Europe et dans le monde. Des partis conservateurs qui sont contre le droit à l’IVG."

Les associations et certains partis voudraient que le droit à l’avortement soit inscrit dans la Constitution.

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