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Droit à la déconnexion : "permettre une certaine latitude" pour garantir l’autonomie des travailleurs

Dossier de la rédaction

Quid du "droit à la déconnexion" ?

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05 janv. 2022 à 11:142 min
Par Estelle De Houck sur base du "dossier de la rédaction" de Geoffroy Fabré

À partir du mois prochain, les 65.000 fonctionnaires fédéraux ne pourront plus être dérangés par leur supérieur hiérarchique après les heures de travail – sauf exception urgente. C’est ce qui figure dans une circulaire rédigée par la ministre de la Fonction Publique Petra De Sutter (Groen). L’objectif : encadrer le droit à la déconnexion.

Il faut dire qu’en Belgique, il n’existe pas vraiment de loi spécifique sur le droit à la déconnexion. C’est pourtant le cas depuis 2017 chez nos voisins français.


►►► À lire aussi : Petra De Sutter veut permettre le droit à la déconnexion dans l’administration fédérale


Néanmoins, la Belgique possède un texte de loi datant de 2018 relatif à la déconnexion digitale après les heures de travail. "Il permet de lutter contre le stress excessif au travail, le burn-out, en essayant de mentionner cette omniprésence des connexions Internet sans fil, etc. L’objectif est vraiment de maintenir les travailleurs en bonne santé et de les garder le plus longtemps possible au travail. Cela fait partie de la loi Peeters", explique la psychologue clinicienne Catherine Choque.

Ce texte de loi invite donc l’employeur à organiser une concertation sur cette question de la déconnexion après les heures de travail.

Préserver son autonomie

Si les lois permettent de garantir un cadre ainsi que des mécanismes de contrôle, Catherine Choque estime qu’il existe également d’autres pistes de solution. "Quand on parle du milieu de travail, il faut parler de coresponsabilité", explique-t-elle. "Je pense qu’il est aussi important d’être dans une approche globale, c’est-à-dire d’agir à différents niveaux, au niveau individuel, collectif et organisationnel, à travers différentes mesures comme des formations, des sensibilisations, des conseils aux employeurs."

La question, je pense, c’est plutôt d’être moins rigide

La psychologue clinicienne insiste sur l’importance de préserver l’autonomie des travailleurs. Rien ne sert d’impérativement déconnecter les employés à partir d’une certaine heure. "La question, je pense, c’est plutôt d’être moins rigide, d’être beaucoup plus souple et aussi de permettre une certaine latitude, une certaine autonomie et une certaine flexibilité aux travailleurs."

La question du télétravail

Avec le recours accru au télétravail, la frontière entre vie professionnelle et vie privée a commencé à s’estomper pour beaucoup de travailleurs. Et d’après Catherine Choque, cela a des effets sur la santé, "que ce soit sur la santé physique, mais aussi sur la santé mentale des personnes, de tout citoyen, qu’on soit dans son milieu privé ou dans son milieu professionnel."

Que faire ?

Alors, que faire pour apprendre à réellement déconnecter après les heures de boulot ? D’après la psychologue clinicienne, il est important de commencer par développer une sorte d’intelligence numérique ou digitale. Il faut avoir conscience tant des effets positifs que négatifs de ces comportements.


►►► À lire aussi : Enseignement à distance : et le droit à la déconnexion des jeunes ?


Ensuite, il est intéressant de comprendre à quel type de "connecté" nous appartenons : "est-ce que j’utilise beaucoup mon smartphone ? Est-ce que j’utilise beaucoup Internet ? Les réseaux sociaux ? Comment j’utilise le mail aussi quand je suis un employé…"

Et enfin, le dernier conseil de Catherine Choque : essayer de reprendre le contrôle sur la situation.

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