Cinéma

“Dreaming Walls”, un documentaire au cœur du mythique Chelsea Hotel

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24 oct. 2022 à 14:33Temps de lecture2 min
Par Adrien Corbeel

Dans leur documentaire onirique et nostalgique, les cinéastes Amélie van Elmbt & Maya Duverdier convoquent les fantômes de l'Hôtel Chelsea à New York.

Arthur C. Clarke
y a écrit "2001, l'Odyssée de l'espace", Andy Warhol y a tourné le film, "Chelsea Girls", le poète Dylan Thomas y est tombé mortellement malade, Leonard Cohen s'en est inspiré pour une de ses plus chansons connues, et d'innombrables artistes, célèbres et moins célèbres, y ont séjourné, parfois pendant plusieurs années. C'est un euphémisme de dire que l’hôtel new-yorkais Chelsea est une institution majeure de la culture (et la contre-culture) de Manhattan. Ce qui ne l'a pas empêché de tomber en ruines, comme nous le dévoile le documentaire rêveur "Dreaming Walls", qui film en entre la poussière, les échafaudages et les ouvriers les quelques personnes qui y sont restées, malgré les rénovations.

Comme le note un des résidents, tout le monde n'est pas au Chelsea pour les raisons, mais chacun a ses raisons d'y rester. Certains attendent avidement la modernisation du bâtiment (les propriétaires ont l'intention d'en faire un hôtel de luxe nous explique-t-on), tandis que d'autres résistent aux changements avec le peu de moyens à leur disposition. S'attardant sur ces quelques personnages truculents, "Dreaming Walls" croque leur portrait, et en font les porte-paroles de ce qu'est et surtout de ce qu'a été l'hôtel.

Hanté par celles et ceux qui se souviennent de ses heures de gloire, le Chelsea, tel qu'Amélie van Elmbt et Maya Duverdier l'entrevoient, est un lieu propice aux fantômes. Sur les murs de l'hôtel, elles projettent les images de personnalités qui y ont résidé, comme Marilyn Monroe, dont l'allure spectrale dégage quelque chose de troublant. Onirique et nostalgique, le documentaire n'a de cesse de nous plonger dans le passé, notamment par un savant jeu de montage et de mise en scène qui lie les vidéos filmées il y a quelques décennies dans l'hôtel avec celles que les réalisatrices ont tournées.

À l'heure où sont écrites ces lignes, il semblerait que le bâtiment soit bel et bien devenu un hôtel de luxe. Au grand chagrin, à n'en pas douter, de plusieurs des personnages du documentaire. Sont-ils encore là pour en témoigner ? Il reste en tout cas avec "Dreaming Walls" une trace de leur passage dans ce lieu emblématique, où ils ont côtoyé, à leur manière, quelques figures incontournables de la culture des années 60 et 70.

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