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Belgique

Don de sang : l'écartement des hommes homosexuels n'est plus justifiable selon le Conseil supérieur de la Santé

Arc-en-Ciel se tourne dès lors vers des propositions de loi DéFI (abolition de l'exclusion des HSH) et dans une moindre mesure PS et Vooruit (période d'exclusion de quatre mois).
05 avr. 2022 à 14:01Temps de lecture2 min
Par Belga

Le risque de transmission du virus du Sida (VIH) par transfusion sanguine a atteint en Belgique un niveau tellement bas qu'il ne semble plus légitime de justifier l'écartement des donneurs ayant des rapports sexuels entre hommes (HSH), affirme le Conseil supérieur de la Santé (CSS) dans un avis publié le 28 mars dernier.

Toutefois, vu les réticences de plusieurs experts du CSS à une levée de ce critère d'ajournement temporaire, le rapport propose aussi une autre piste, à savoir une réduction de la période d'exclusion de 12 à quatre mois après le dernier contact sexuel entre hommes.

 

Pour autant, "c'est une révolution copernicienne dans les cénacles scientifiques de santé publique: le Conseil supérieur de la Santé ouvre la porte à l'élimination de l'interdiction faites aux hommes homosexuels et bisexuels de donner leur sang", a réagi mardi Arc-en-Ciel Wallonie, la fédération wallonne des associations LGBTI. L'ASBL réclame depuis 15 ans la fin de cette exclusion qu'elle voit comme une discrimination.

Le CSS soulève par ailleurs une nouvelle problématique: la prise accrue d'antiviraux à titre prophylactique ou thérapeutique par des personnes séronégatives pour le VIH. Cette médication interfère négativement avec les tests de dépistage réalisés pour sécuriser la chaîne transfusionnelle. 

Dès lors, "des candidats potentiels au don de sang peuvent se sentir protégés, relâchent les mesures préventives et peuvent de ce fait omettre de mentionner un comportement à risque (rapport sexuel avec une personne séropositive ou de statut inconnu), ou tout simplement ne pas déclarer l'emploi de ces médicaments antiviraux, ignorant l'effet délétère de ceux-ci sur l'efficacité diagnostique."

Le CSS conclut que "tout comportement à risque doit faire partie des contre-indications formelles au don de sang et préconise l'organisation de campagnes de sensibilisation adaptées aux différents publics-cibles : les citoyens, les candidats donneurs, les donneurs réguliers, les professionnels du don de sang, les médecins, etc."

L'an dernier, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne ont levé le critère d'écartement spécifique aux HSH.

"Une levée de l'exclusion serait toutefois liée à certaines conditions coûteuses, en raison de modifications des protocoles et de l'intensification des tests effectués sur le sang prélevé", note Arc-en-Ciel Wallonie à la lecture de l'avis du CSS. L'ASBL s'interroge donc sur la volonté du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, "qui a maintenu un embargo" jusqu'à la semaine dernière sur cet avis du CSS, pourtant validé dès novembre dernier.

Arc-en-Ciel se tourne dès lors vers des propositions de loi DéFI (abolition de l'exclusion des HSH) et dans une moindre mesure PS et Vooruit (période d'exclusion de quatre mois).

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Archives : JT du 30/10/2018

 

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