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Dolhain: polémique autour de la rénovation de logements sociaux sinistrés suite aux inondations de juillet

Dolhain: polémique autour de la rénovation de logements sociaux sinistrés suite aux inondations de juillet

Rififi autour d'un projet immobilier à Dolhain. Plusieurs maisons à vocation sociales avaient été inondées l'été dernier. Ce n'est pas la première fois, mais la société locale de logements de service public veut les réhabiliter. La commune et la Région sont contre. C'est donc un véritable dilemme entre d'un côté, le risque d'inondations, et de l'autre, les investissements déjà réalisés.

Nous nous sommes rendus à Dolhain, toujours fortement marqué par les intempéries de juillet.

Le village est désert depuis les inondations de juillet.
Le village est désert depuis les inondations de juillet. RTBF

C'est un village fantôme, déserté par ses habitants. Le 14 juillet dernier, la Vesdre si paisible aujourd'hui submergeait la commune de Dolhain, dont le quartier du Vieux Moulin et ses 42 habitations sociales.

Dix mois plus tard, la société de logements sociaux en charge procède à des travaux. Nouveaux châssis ça et là, séchage des murs.

Des nouveaux châssis ont déjà été placés dans certaines habitations.
Des nouveaux châssis ont déjà été placés dans certaines habitations. RTBF

Les citoyens mitigés

Vu la situation du quartier, faut-il poursuivre ces travaux? Les citoyens sont mitigés: "Il y a tellement d'années qu'elles sont construites... il ne s'est jamais rien passé d'aussi grave que ce qui s'est passé l'année dernière, donc je pense que c'est une solution pour tous les habitants" témoigne cette dame. "C'est vrai que par rapport au lit de la Vesdre, c'est un problème. Avec ce qu'on a vécu, s'il y a un risque que ça arrive une deuxième fois, c'est problématique" indique pour sa part ce Monsieur.

On ne peut pas arrêter la machine

Le problème, c'est que la société de service public a déjà beaucoup investi dans la rénovation du quartier. Difficile aujourd'hui de tout interrompre: "Tous nos marchés sont en cours depuis un certain temps" explique Thierry Lejeune, président de Logivesdre. "Ici, c'est une évolution constante de nos réalisations qui font qu'à un moment, on a injecté de l'argent, 1.360.000 euros hors TVA actuellement. Les autres marchés sont en cours, on ne peut plus arrêter la machine qui fonctionne, elle est partie la machine, elle avance, et si nous l'arrêtons, ça va nous coûter un paquet d'argent, et nous ne pouvons pas supporter ce coût financier."

"Un potentiel gaspillage", selon les autorités communales

Les autorités communales voient cet investissement public comme un potentiel gaspillage, alors qu'une étude sur la réhabilitation du territoire est en cours.

La Région wallonne a demandé l'interruption des travaux, une décision soutenue par la commune: "On doit pouvoir penser le logement, que ce soit à court terme ou à moyen et long terme" confie Valérie Dejardin, bourgmestre de Limbourg, "et ici, ce qu'on fait, c'est remettre des châssis dans un quartier sinistré deux fois alors qu'il y a une étude qui est en cours et qui va nous permettre de réfléchir à comment faire pour reloger rapidement les gens, -et là, on parle de fin juin-, et comment faire pour les loger à moyen et à long terme, en retransformant le quartier et en l'adaptant aux réalités actuelles."

La réalité actuelle, c'est aussi de reloger rapidement les personnes sinistrées. La bourgmestre l'entend mais refuse de jouer avec la sécurité de la population. Elle se dit prête à prendre les arrêtés de police nécessaires.

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