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Cinéma - Belge

Documentaire : "Silencieuses", un moment de fantaisie avec les statues bruxelloises

30 mars 2022 à 09:16Temps de lecture2 min
Par Adrien Corbeel

L'ultime film du documentariste Claude François est une visite guidée personnelle, fantaisiste et érudite des statues de la capitale belge.

Elles sont partout dans Bruxelles, parfois sujettes à controverses, parfois oubliées, parfois admirées. "Ce ne sont pas les places qui manquent de statues, ce sont les statues qui manquent de places" remarque le cinéaste Claude François, qui nous entraîne, dans un documentaire de moins d'une heure, à travers une visite guidée très personnelle des nombreuses statues de Bruxelles.

Toujours hors-champ, mais bien présent, le réalisateur (décédé en 2020) partage avec nous réflexions, détails historiques et intimes sur ces corps figés dans le temps, ces «silencieuses» comme il aime les appeler. Le catalogue n'est pas exhaustif — et on pourrait lui reprocher de parler d'une plutôt que d'une autre —, mais c'est de sa visite dont il s'agit, et elle est personnelle. À l'histoire des statues bruxelloises, il mêle la sienne, lui qui est né dans ce qui s'appelait le Congo belge à une certaine époque. Pas question donc d'éluder l'inévitable statue de Léopold II, qu'il ne porte guère dans son cœur.

Il se plaît d'ailleurs à souligner le caractère anachronique de certaines statues dans une ville moderne. Alors que défile sous nos yeux une série d'œuvres représentants des professions désormais disparues, le cinéaste s'interroge : "Verrait-on aujourd'hui autant de statues célébrer en ce vaste lieu des métiers comme celui d'infographiste ?". Le film se veut léger, une visite savoureuse, aussi amusante qu'enrichissante des ces œuvres tantôt majestueuses, tantôt incongrues.

Aussi plaisante soit la visite, on notera qu'est plus belle nocturne, moins visuellement anodine que pendant la journée. Il manque peut-être au documentaire une identité esthétique plus marquée, plus en adéquation avec le ton singulier de Claude François. Mais il est clair que "Silencieuses" n'aspire pas forcément au statut de chef-d’œuvre. C'est le film ultime d'un cinéaste qui, avec la liberté et la fantaisie qui le caractérise, se permet une visite particulière. Le réalisateur laisse même ses techniciens prendre le contrôle de la réalisation, le temps d'un plan sur une statue qui leur est chère. Ludique, il arrête le générique de fin pour une dernière réflexion, puis le recommence — un clin d'œil final avant de tirer sa révérence.

Retour sur Claude François

"Silencieuses" est à découvrir à partir du 30 mars au cinéma Flagey (Studio 5 - Agnès Varda)Une séance spéciale sera organisée ce jour-là à 19h30 en présence de Martine Barbé, la productrice et de Michel Baudour, le directeur de la photographie.

Egalement au programme : une rétrospective "Claude François: Regards sur l’art" au Studio 5 Agnes Varda de Flagey les 9 avril, 8 et 14 mai (en copie 35 mm ou restaurées), et la sortie du livre "Les Silencieuses" le 8 avril 2022.

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