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Cinéma

Documentaire : “Marcher sur l'eau”, quand la ressource la plus essentielle vient à manquer

Documentaire : “Marcher sur l'eau”, quand la ressource la plus essentielle vient à manquer

Dans son premier documentaire, Aïssa Maïga saisit la vie d'un village nigérien bouleversé par le manque d'eau.

Autrefois prospère, la région de l’Azawak au Niger est désormais aride. En cause ? Le changement climatique. “C'est la pollution qui nous vient des pays riches, et le plus touché, c'est le continent africain”, explique un instituteur enthousiaste qu'on reverra à plusieurs occasions. Dans le village de Tatiste où l'eau manque de plus en plus, les enfants n'ont d'autres choix que de parcourir de grandes distances pour trouver l'or bleu, tandis que leurs parents passent souvent plusieurs mois à l'étranger pour y gagner de l'argent.

Pourtant, “Marcher sur l'eau” n'est pas vraiment un récit de survie. Le film fait bien sûr état des problèmes sévères causés par la sécheresse, mais pour son premier documentaire, Aïssa Maïga a aussi tenu à filmer la vie de tous les jours de cette population nomade qui se sédentarise, leurs épreuves comme leurs moments de joie. Le regard focalisé sur Houlaye, une adolescente de 14 ans, “Marcher sur l'eau” l’accompagne dans son quotidien, qu'elle s'occupe de sa famille, apprenne sur les bancs de l'école ou scrute les étendues désertiques dans l'espoir d'y voir apparaître ses parents. Pour la réalisatrice, il n'était pas question d’observer cette population de haut ou de s'apitoyer sur son sort. Son regard est essentiellement bienveillant et admiratif.

Avec son chef-opérateur Rousslan Dion, elle fait également preuve d'un vrai soin dans ses images, donnant une attention particulière aux visages et aux paysages. On devine aux multiples changements d'angles de prises de vue que tout n'est pas saisi sur le vif et qu'une certaine part de mise en scène est présente dans le film — mais qui n'amenuise en rien le réalisme du documentaire. Seule la musique donne une certaine artificialité au film en dictant ses émotions, soulignant avec trop d'emprunt la tristesse et la joie des personnages. Mais si le documentaire est parfois emphatique, il n'en est pas moins nuancé dans son portrait de la vie de ce village en première ligne des bouleversements climatiques. On en sort troublé, oscillant entre pessimisme et optimisme.

Marcher sur l'eau” est à découvrir à Bruxelles au Cinéma Aventure et au Vendôme, à Liège au Cinéma Sauvenière, à Stavelot au Ciné Versailles et à Namur au Cameo. 

La bande-annonce :

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