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Cinéma - Belge

Documentaire : “Les Mots de la fin”, la mort dans la dignité

Documentaire : “Les Mots de la fin”, la mort dans la dignité
01 avr. 2022 à 08:252 min
Par Adrien Corbeel

Réalisé par Agnès Lejeune et Gaëlle Hardy, le documentaire “Les Mots de la fin” évoque avec simplicité et compassion l’euthanasie.

D’un film qui traite d’euthanasie, on n’attend pas forcément à ce qu’il nous dévoile autant de sourires. C’est pourtant l’expression qui se dessine sur le visage de plusieurs personnages de "Les Mots de la fin", à l’annonce que leur demande a été approuvée, qu’enfin ils pourront construire leur propre scénario de fin de vie, dans la dignité.

Face à eux, le Docteur François Damas, dont le cabinet médical sera le décor principal du film. Personnage vif et compatissant, il interagit avec une douceur et une bienveillance qui ne peuvent que susciter l’admiration. C’est à lui qu’incombe la tâche compliquée d’approuver ou non les demandes d’euthanasie, en s’assurant notamment que les patients prennent leur décision en toute conscience. De simples champs et contrechamps illustrent souvent ces allers-retours entre médecin et patient, où se joue très littéralement la vie ou la mort. Le dispositif cinématographique mis en place est dépouillé, mais il se suffit à lui-même : être avec eux, en tant que spectateur, est un privilège. On devine d’ailleurs qui si les patients ont consenti à être filmés dans des moments où ils exposent leur souffrance et leurs vulnérabilités, c’est aussi pour sensibiliser le public sur le sujet.

L’adoption de la loi sur le droit des patients à demander l’euthanasie en Belgique s’est faite en 2002, mais c’est une question qui reste encore épineuse et sujette à débat, comment nous le rappellent ces personnes venues de France pour obtenir ce que la législation de leurs pays leur refuse. Chaque cas mérite d’être examiné, voire d’être débattu. Tandis que la situation d’un patient incurable qui endure une souffrance physique intenable et n’exprime aucun doute sur sa décision semble évidente, le cas d’une femme en souffrance psychiatrique est plus délicat. En parallèle des consultations du docteur Damas "Les Mots de la fin" nous plonge aussi au cœur du collectif de soignants confrontés aux demandes d’euthanasies, dont il fait partie. C’est là que se dévoile le poids émotionnel et professionnel de leur métier.

Il y a une certaine simplicité au film, qui ne cherche pas à l’esbroufe cinématographique. Mais la distance prise par les réalisatrices, leurs choix de montage et de cadrage, semble toujours juste. C’est le cas dans cette saisissante scène d’euthanasie d’une jeune femme, dont la mort se joue hors-champ. Est-ce par pudeur des cinéastes que la caméra reste en dehors de la chambre d’hôpital ? Est-ce à la demande de la personne en souffrance, ou de sa famille ? Toujours est-il que montrer l’euthanasie en elle-même est un pas que le film ne franchit pas. En revanche, "Les Mots de la fin" s’attacher à en parler, librement. Sans tabou et avec douceur, le documentaire évoque ce qu’une mort dans la dignité peut être, ce à quoi une préparation douce et compatissante de cette mort peut ressembler. Et ce partage est précieux.

"Les Mots de la fin" sortira dans les salles belges ce 30 mars. 

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