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La Défense reconnaît des cas de maltraitances sur les recrues para-commandos : "Des coups lorsque le matériel n'était pas en ordre"

Opération communication et transparence de la part de la défense ce lundi pour évoquer les cas de maltraitance au sein des para commandos.
01 sept. 2020 à 14:49 - mise à jour 01 sept. 2020 à 15:21Temps de lecture2 min
Par Benjamin Carlier

C’est assez rare pour le souligner. La Défense belge accompagnée de son ministre de tutelle, Philippe Goffin, a ouvert les portes du centre d’entraînement des futurs para-commandos à Marche-les-Dames ce premier septembre.

Une opération de communication avec démonstration d’escalade et de descente en rappel. L’idée de cette ouverture est de restaurer l’image des para-commandos après le témoignage de quatre de leurs recrues cet été dans le journal flamand De Morgen.

Dans ces témoignages publiés cet été, des recrues francophones affirmaient notamment avoir été attachées et laissées dans une étable lors d’un exercice en juillet 2016. Elles affirmaient avoir subi des insultes et des coups portés à la tête durant plusieurs heures par leurs instructeurs. Finalement relâchés, les candidats paramilitaires avaient été autorisés à quitter la ferme et retrouver le chemin de Marche-les-Dames par leurs propres moyens, sans se faire repérer par leurs instructeurs.


►►► Lire aussi : Des recrues para-commandos maltraitées au cours de leur formation à Namur


Lorsque trois recrues ont malgré tout été interceptées, de nouvelles scènes de violence ont éclaté et attiré l’attention de témoins. L’un des instructeurs a alors sorti son arme afin d’éloigner les curieux. Lorsque la police s’est rendue sur place, l’instructeur en question a déclaré avoir été menacé au couteau.

Lors de la conférence de presse, la hiérarchie militaire a reconnu dix cas avérés impliquant notamment des recrues du centre d’entraînement de commandos de Marche-les-Dames et étalés sur une période de cinq ans. Des faits qui ont fait l’objet d’une enquête interne à la Défense. Tom Bilo, le patron de l’unité qui chapeaute les unités para-commando et le groupe des forces spéciales a reconnu que ses dix cas sont tous avérés.

Suite à ces révélations dans la presse, le ministre de la Défense Philippe Goffin avait ordonné une enquête en juillet dernier. Celle-ci a été menée par le lieutenant-colonel Olivier Suy de l’Inspectorat général de la Défense.

Parmi les cas de maltraitance avérés le lieutenant-colonel pointe : "trois instructeurs qui sont rentrés dans des chambres pour une inspection du matériel. Lorsque celui-ci n’était pas en ordre, des coups auraient été donnés dans l’abdomen. Lors d’un entraînement, un instructeur a donné une gifle à un candidat. Le candidat n’a pas apprécié cela. L’instructeur lui propose alors de s’écarter du peloton et de régler cela entre eux avec un arbitre. Une troisième personne qui était présente joue alors le rôle de l’arbitre. Des coups ont été donnés."

L’inspecteur "ne camoufle rien"

Dans son rapport, l’inspectorat général de la Défense ne relève toutefois pas de dysfonctionnement structurel au sein du centre d’entraînement de Marche-les-Dames : "Pour tous ces incidents, le commandement du centre d’entraînement était au courant" et "à chaque fois communiqué de façon transparente avec la hiérarchie supérieure"." L’inspecteur a exclu toute intention de "camoufler quoi que ce soit".

Des mesures vont d’ailleurs être prises pour éviter que de nouveaux cas de maltraitance ne soient enregistrés lors de la formation des paras. Cela passera notamment par une meilleure information des recrues sur la procédure pour faire remonter les informations en cas de problème, ou encore par une meilleure supervision et uniformisation des méthodes d’enseignement des instructeurs.

 

Reportage dans notre 19h30 de ce 1er septembre:

Para-commandos / Coups et blessures sur de jeunes recrues

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