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Discriminations et agressions homophobes à Bruxelles : "L’idée, auprès des victimes, qu’il y a une sorte de banalisation du phénomène"

Sophie Croiset, de Bruxelles Prévention et Sécurité, sur l'homophobie à Bruxelles

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Discriminations et agressions à caractère homophobe restent bien présentes à Bruxelles : c’est ce dit une étude publiée à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, organisée mardi. Sophie Croiset, experte auprès de Bruxelles Prévention et Sécurité (BPS), qui a réalisé une étude ajoute que ces faits ne sont pas assez rapportés auprès des services de police.

En dehors des statistiques policières

Invitée ce mercredi sur VivaBruxelles, Sophie Croiset ajoute que ce constat a permis de lancer "une réflexion plus profonde sur la question avec l’idée que si les personnes LBGTQIA + subissent des discriminations, des violences, du harcèlement et disent les subir à travers des enquêtes ou selon les associations spécialisées dans le secteur, en tout cas, cela n’apparaît pas dans les statistiques policières et judiciaires."

Plusieurs raisons, selon Sophie Croiset, peuvent expliquer le problème du "reporting", de la transmission d’informations relatives aux faits de discriminations et aux agressions. "D’abord, il y a l’idée, auprès des victimes elles-mêmes qu’il y a une sorte de banalisation du phénomène. Elles se disent : 'Ce sont des choses qui arrivent'. Il y a des remarques, des agressions" quotidiennes et plaintes ne sont pas déposées.

Autre élément, la crainte que la plainte soit classée sans suite, par manque de preuves.

Une forme de honte, de gêne

Ensuite, un problème de confiance, selon l’experte de BPS. "Problème de la part du citoyen envers les services de police qui peut se traduire par une forme de honte et de gêne. On se demande si on va être bien reçu." L’accueil des victimes au sein des commissariats est également à améliorer, note Bruxelles Prévention et Sécurité. "Le travail sur la formation spécifique sur ces questions est un levier d’action qui ressort de notre étude."

Des formations existent, pourtant, comme au sein de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles sans oublier "le pôle de développement de compétences en matière de discriminations en cours de développement au sein de l’école régionale des métiers de la sécurité. Mais il y a encore un travail pour améliorer l’accueil, faire en sorte que les gens se sentent en confiance mais aussi pour améliorer l’enregistrement précis et spécifique des plaintes avec le motif de haine, ce qui n’est pas le cas forcément actuellement."

Une façon de renforcer les statistiques pour "mieux comprendre ce qui se passe" mais aussi pour "espérer apporter une suite à la victime".

Première étape

L’étude de BPS menée sur base des données de Bruxelles Prévention & Sécurité, Equal.brussels et l’association RainbowHouse Brussels est une première étape, "un premier état des lieux" à pérenniser, "à affiner pour mieux adapter les dispositifs publics" en termes de sensibilisation, aussi.

Pour Sophie Croiset, le problème de l’homophobie n’est "pas propre à Bruxelles. Le côté urbain et par conséquent de lieux festifs va accentuer dans certaines zones spécifiques l’apparition de l’un ou l’autre phénomène".

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