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Discrimination au logement : "On m’a demandé si je faisais des barbecues dans mon salon"

Christelle Pandanzyla, une jeune entrepreneuse bruxelloise, a connu des difficultés pour trouver un logement dans la capitale
21 mai 2021 à 04:00Temps de lecture2 min
Par Fabrice Gérard

Plus de 5 mois et demi de recherche acharnée pour trouver un logement en location. C’est la situation que vient de vivre Christelle Pandanzyla, une jeune entrepreneuse bruxelloise d’origine congolaise très impliquée dans la vie culturelle et associative bruxelloise.

Reportage dans notre 19h30 de ce vendredi 21 mai :

Un certificat de bonne vie et mœurs pour pouvoir louer un bien

"J’ai sollicité de nombreuses agences immobilières afin de louer un logement pour y vivre avec mon compagnon et mon fils de 4 ans et demi, explique la jeune femme. Qu’on me demande des preuves de solvabilité, aucun problème. Mais ici, certaines agences m’ont réclamé un certificat de bonne vie et mœurs. D’autres agences, une lettre de motivation pour expliquer pourquoi je voulais louer tel ou tel bien. On m’a aussi demandé à quelle école mon fils était inscrit. Quelles étaient ses activités extrascolaires. Ou encore quelles étaient mes accointances religieuses ou philosophiques…"


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Près de 200 plaintes pour discrimination sur base de la couleur de peau

En 2020, Unia, le centre interfédéral belge pour l’égalité des chances a ouvert 196 dossiers pour des faits de discrimination au logement sur base de la couleur de peau. "C’est hélas un phénomène qui existe encore en 2021, explique Patrick Charlier, le directeur d’Unia. C’est encore plus courant dans des endroits comme Bruxelles où la pression démographique est importante, et où l’offre de logement est largement inférieure à la demande ".


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Unia a récemment mis en ligne un outil concret pour tenter d’empêcher toutes les formes de discrimination au logement. On parle de discrimination sur base de la fortune, de la couleur de peau, du handicap, de l’orientation sexuelle, ou encore de la situation matrimoniale, les mères seules avec enfants étant particulièrement discriminées lorsqu’il s’agit d’accéder à un logement décent.

"L’outil consiste à pouvoir téléphoner à des agences immobilières ou à des propriétaires en revêtant le costume de ces types de catégorie de population. Si elles se voient refuser de visiter un bien, on téléphone ensuite en tant que personne 'neutre' afin de vérifier qu’il n’y a pas de discrimination."

Cet outil a permis de donner raison à un plaignant contre une agence immobilière dans le cadre d’une procédure en justice.


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Un signalement déposé

Grâce à sa persévérance. Parce qu’il y avait aussi la nécessité de trouver un toit, Christel a fini par trouver un logement. Pas via une agence immobilière, mais en contactant directement le propriétaire du bien. Mais la jeune femme ne compte pas courber l’échine.


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Outre le témoignage qu’elle a eu le courage de nous accorder, elle compte déposer un signalement auprès du centre interfédéral belge pour l’égalité des chances. "Je suis belge, mon fils est belge. M’empêcher d’accéder à un logement à cause de ma couleur de peau est un délit que je ne peux pas accepter. Voilà pourquoi j’ai décidé de dénoncer publiquement ces faits."

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