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Discours de De Croo sur la Pologne : l'ambassadeur de Belgique à Varsovie a été convoqué

29 oct. 2021 à 11:07 - mise à jour 29 oct. 2021 à 11:38Temps de lecture2 min
Par Belga

L'ambassadeur de Belgique à Varsovie, Luc Jacobs, a été convoqué par le gouvernement polonais pour s'expliquer à la suite du discours virulent tenu mercredi par le Premier ministre belge Alexander De Croo, au collège d'Europe (Bruges), sur les atteintes à l'État de droit dans ce pays.

L'entretien doit avoir lieu cet après-midi, a-t-on appris vendredi auprès des Affaires étrangères de Belgique.

Interrogé, le cabinet du Premier ministre y voit la signification que le message du discours "a été entendu" à Varsovie. Ce discours a d'ailleurs eu "énormément de retombées", se félicitait la chancellerie, précisant qu'il a déjà été vu plus de 300.000 fois sur les médias sociaux.

Dans ce discours, le Premier ministre Alexander De Croo avait mis en garde son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, contre une escalade du conflit à propos des règles de base de l'État de droit et du projet européen.


►►► À lire aussi : Indépendance des juges: la Pologne condamnée à une astreinte d'1 million d'euros par jour


"À ceux qui donnent des interviews incendiaires dans le Financial Times et pensent qu'il est nécessaire de déclarer une nouvelle guerre mondiale, je veux dire : vous jouez à un jeu dangereux, vous jouez avec le feu lorsque vous partez en guerre contre vos collègues européens pour des raisons de politique intérieure", avait déclaré M. De Croo, en référence à des mots durs de M. Morawiecki dans l'édition de lundi du journal financier britannique.

Le dirigeant ultra-conservateur et nationaliste avait menacé d'utiliser "tous les moyens disponibles" si l'Union européenne continuait de s'opposer aux réformes judiciaires que son gouvernement a mises en œuvre, selon lui pour éradiquer la corruption. Mais, selon l'UE, ces réformes portent atteinte à la séparation des pouvoirs dans le pays et l'indépendance des juges. Le différend a atteint son paroxysme lorsque la Cour constitutionnelle de Varsovie, à la suite d'une question de M. Morawiecki, a statué que certaines parties des traités européens violaient la constitution polonaise.

Interrogée sur ces tensions entre Bruxelles et Varsovie, la Commission européenne a refusé de commenter ce qui relève à ses yeux d'une "question bilatérale entre États membres", mais elle a renvoyé à son point de vue déjà exprimé par le passé sur la nécessité pour ces derniers de maintenir un "langage approprié" entre eux.

La Belgique et le Benelux se sont positionnés très en pointe dans le débat européen sur l'Etat de droit, malmené dans plusieurs pays de l'UE comme la Pologne ou la Hongrie.

Extrait du JT de ce 27 octobre

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