Dis-moi Johan, la banque Belfius, tu vends ou tu vends pas?

Jos Clijsters, président, et Marc Raisière CEO, deux ombres chinoises pour présenter les excellents résultats de Belfius. Mais aussi deux dirigeants qui espèrent bien que "leur" banque va continuer sa jeune histoire en solo.

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26 févr. 2016 à 06:53 - mise à jour 26 févr. 2016 à 06:53Temps de lecture2 min
Par Michel Visart

Belfius appartient à 100 % à l'Etat, il s'agit donc d'une banque publique. Mais la question d'une vente totale ou partielle revient régulièrement sur le tapis. Ce qui est certain, c'est que la banque est en grande forme et que ses dirigeants sont super motivés à poursuivre en solo.

Belfius a présenté ses résultats dans la salle où en octobre 2008, Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani les pompiers de service, s'expliquaient pour la première fois dans un climat de tension incroyable. Toute autre ambiance cette fois-ci. Les fantômes de Dexia s'éloignent, l'héritage est de moins en moins lourd à gérer et les chiffres sont très bons.

Ceux de 2015 avec un bénéfice de 506 millions en hausse de 10 % et, globalement, ceux des quatre dernières années, soit depuis 2011, année de la reprise par l'Etat. Marc Raisière, administrateur délégué est confiant : " Je crois que le futur de Belfius est aujourd’hui assuré. Notre challenge est d’assurer la croissance de nos revenus récurrents et le caractère durable de ces résultats. Il y a des defis importants : l’environnement des taux, avec des taux négatifs ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour un groupe de bancassurance et puis la révolution digitale qui nous offre plus d’opportunités que de menaces. C’est ce que nous dévoilerons en avril dans le cadre de notre plan stratégique ".

Changement de profil

Dexia était une banque centrée principalement sur les collectivités locales, on peut se demander si c’est encore le cas de Belfius? Au vu des chiffres, c'est moins évident. Le financement du secteur public et social reste important mais il ne progresse plus. Pour Marc Raisière, administrateur délégué, il faut considérer l'ensemble des financements accordés à l'économie belge : " Les racines de Dexia, le secteur public et le secteur social, ont été reprises et bien reprises par Belfius. Ce que nous souhaitons, c’est une diversification. C’est pour cela que nous sommes très présents sur le financement des PME, des grandes entreprises et c’est un positionnement que nous souhaitons conserver. C’est-à-dire être l’oxygène d’un maximum soit d’entreprises du secteur public, soit du corporate business ". Sans oublier les clients particuliers dont le nombre progresse en banque comme en assurance.

Belfius en vitrine ?

Belfius respire donc la forme. Peut-on dire que tout à été fait pour mettre la banque en vitrine? Ce n'est pas du tout le message que font passer les dirigeants de Belfius. Le point de vue de Jos Clijsters, président de Belfius : " D’abord, tous nos moyens vont vers des sociétés belges pour l’économie belge et ensuite le secteur public. Pour cela, nous donnons une sorte d’assurance parce que Belfius participe à toutes les demandes de financement, même si nous ne les décrochons pas tous. L’organisme public a donc la certitude d’avoir toujours une banque qui est prête à donner de l’argent. Dans nos contacts avec le gouvernement tout se passe très bien et je crois donc que tout le monde est conscient de ce message ". D’où cette question : Jos Clijsters pense-t-il encore que la banque va être vendue dans un proche avenir ? Sa réponse après un temps d’hésitation : " Je ne crois pas, non ".

Il y a deux éléments à pointer. D’abord, Johan Van Overtveldt, le ministre des finances a récemment insisté sur l'intérêt d'avoir une banque belge avec ancrage belge. A partir de là, une vente à l'étranger semble exclue. Quant à une fusion avec KBC, l'autre banque belge, elle aboutirait à un bain de sang social. Belfius devrait donc poursuivre en solo… jusqu’au prochain épisode.