Belgique

Procès des attentats de Bruxelles : la longue liste de victimes directes et indirectes, revivez notre direct

Le chien d’assistance aux victimes

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05 déc. 2022 à 06:55 - mise à jour 06 déc. 2022 à 11:00Temps de lecture3 min
Par Patrick Michale

La présidente se doit, passage obligé en début de procès, de vérifier l’identité des constitutions de parties civiles et les coordonnées de leurs avocats éventuels. Une longue liste proche d’un millier de personnes. Des parties civiles représentées souvent par les avocats des deux principales associations de victimes, V-Europe et Life4Brussels.

Cela n’est qu’une formalité mais elle est glaçante lorsqu’on imagine les souffrances vécues depuis les six ans qui nous séparent du 22 mars 2016. Souvent des familles meurtries à jamais.

Parmi ces parties civiles, il y a aussi les victimes indirectes des attentats, des frères, des sœurs, des proches. Certains d’entre eux viendront témoigner à la barre.

Les pièces à conviction, boulons, détonateurs

Boutons-poussoirs et détonateurs
Boutons-poussoirs et détonateurs © RTBF

Ce matin, comme il est de tradition aux assises, les parties ont pu découvrir les pièces à conviction saisies lors des perquisitions, dont des boulons, détonateurs et accessoires utilisés pour confectionner les bombes, mais aussi une perruque, des armes.

Défection de deux jurés dès le départ du procès

Deux jurés ne se sont pas présentés ce matin à la reprise des débats. Ce qui veut dire qu’il reste 22 suppléants pour la suite du procès. La présidente explique aux jurés présents l’ensemble des éléments qui sont nécessaires pour exercer leur mission de juré.

Un traitement jugé dégradant par les accusés lors des transferts

Mohamed Abrini prend la parole
Mohamed Abrini prend la parole © PaliX pour la RTBF

Mohamed Abrini a demandé la parole pour dénoncer ses conditions de transfert. Des fouilles au corps. Il dit qu’il ne pourra pas répondre aux questions si on continue à l’humilier comme cela se passe actuellement. En France "on a été respecté".

Me Jonathan De Taye enchaîne en indiquant qu’à Paris, son client El Haddad a collaboré parce qu’il a été respecté. Ici chaque matin, "on le met à poil et on examine les plis de son anus", que craint-on qu’il y cache "une arme ?" se demande l’avocat. Nous réclamons la dignité pour nos clients et le respect du droit à un procès équitable.

Me Paci, conseil de Salah Abdeslam évoque de prochaines mises en demeure au ministre de la justice. "Vous êtes concernée quand même madame la présidente" indique l’avocate. Avec si tout cela n’est pas corrigé, un risque sur le plan du droit européen. Invitant le parquet fédéral a donné des injonctions, c’est de l’ordre du possible.

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On vous a entendu répond la présidente "mais les conditions de transfert ne sont pas de la compétence de la cour". Le parquet fédéral prend ensuite la parole pour indiquer que cela n’est pas de sa compétence non plus. Il est fait référence aux risques pour la sécurité et au fait que c’est une compétence "administrative", comprenez du ministre de la justice et son administration.

Coté défense, Jonathan De Taye, précise pour son client El Haddad qu’il a toujours comparu à chaque requête, un comportement sans faille et qu’il devrait être avec un bracelet électronique. "Il a comparu partout et tout le temps". Il est toujours en régime haute sécurité alors qu’on multiplie les difficultés à l’administration pour qu’on ne puisse le placer en régime normal. Ces critiques sont adressées au ministère de la justice.

Pas de privilège pour le parquet fédéral

On a également appris que la présidente a fait démonter une installation permettant au parquet fédéral, l’accusation, d’avoir accès aux images et au son du procès dans un local extérieur au sein du bâtiment Justitia, une décision prise pour faire respecter l’égalité des parties dans l’accès à ces données. Cette décision a été prise bien avant l’ouverture du procès.

La motivation des jurés, un enjeu crucial

Malgré la manière sereine avec laquelle a été mené le choix des jurés, chaque observateur présent a pu mesurer l’ampleur du nombre de dispenses sollicitées par le millier de candidats qui ont dû se présenter à l’invitation des autorités. La plupart des demandes ont été accordées car il n’est pas l’intérêt d’une bonne justice de construire un jury avec des personnes qui risquent de faire défection lorsqu’une occasion le permettra.

Combien de jurés encore à la fin du procès ?

Ceux qui au final ont passé tous les filtres, dont celui des récusations, paraissent plus à même d’être en condition de tenir sur la longueur. Mais ce n’est pas qu’une question de motivation, il faudra aussi comme on vient de le découvrir ce matin qu’ils soient épargnés par les aléas médicaux et sanitaires, le covid n’a pas disparu, sans compter les autres formes de virus saisonniers. L’enjeu crucial étant de conserver un nombre suffisant de douze jurés effectifs pour être en condition de délibérer valablement à l’issue des débats, en juin prochain.

Suivez notre direct pour cette première journée de lancement du procès

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