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Pouvoir d’achat : le Premier ministre sur le gril des parlementaires lors des questions orales à la Chambre

Belgian Federal Parliament

© Santiago Urquijo

16 juin 2022 à 12:18 - mise à jour 16 juin 2022 à 19:28Temps de lecture4 min
Par Jean-François Noulet

A 14h15, la séance plénière de la Chambre a débuté, comme tous les débuts par les questions orales. D’emblée, une dizaine de questions ont été adressées au Premier ministre, Alexander De Croo.

Quasi tous les partis ont interpellé le Premier sur le thème du pouvoir d’achat et de la compétitivité. Avant le 21 juillet, la coalition Vivaldi devrait se pencher sur ces questions, à la recherche d’un nouvel équilibre entre maintien du pouvoir d’achat des ménages et préservation de la compétitivité des entreprises.

Mercredi, le groupe d’experts mandaté par le gouvernement pour prodiguer des conseils en la matière a présenté ses premières conclusions. TVA, indexation des salaires, prix de l’énergie, vitesse sur les autoroutes sont autant de pistes suggérées par les experts au gouvernement. Que compte faire, à présent, le gouvernement ? C’est sur ce sujet que le Premier ministre devait répondre aux députés.

Beaucoup de questions et de critiques…

François De Smet, de Défi, a été le premier à dégainer. "Ce qu’il nous faut, ce sont des réformes !", a-t-il réclamé. Pour le député "Défi", "il est temps d’arrêter avec la distribution de chèques ou la baisse temporaire de la TVA""Où en est la réforme fiscale, la réforme des pensions, la lutte contre la fraude fiscale", a demandé le député Défi qui a réclamé aussi une baisse des accises sur les carburants au niveau européen.

Pour Vooruit, les socialistes flamands, Melissa Depraetere, "il faut faire les bons choix", se demandant quelles mesures supplémentaires seront prises.

Au PTB, le député Raoul Hedebouw s’est interrogé sur ce que fait le gouvernement alors "qu’on ne parvient plus à payer la vie quotidienne". "Et vous, vous commanditez des rapports à la Banque Nationale, à l’OCDE et à vos experts", a déclaré le député PTB. Des rapports d’experts, le député PTB met en avant une chose. "On peut lire dans le rapport de la BNB, noir sur blanc, que les salaires réels ont diminué de 2%", a déclaré Raoul Hedebouw, demandant au Premier ministre de confirmer l’information.

Au Vlaams Belang, le député Van Lommel s’est demandé "est-ce une blague ?", après avoir parcouru le rapport du groupe d’experts mandaté par le gouvernement. C’est "du n’importe quoi à la sauce belge, à la sauce verte", "un pétard mouillé", a estimé le député du Vlaams Belang.

Au CD&V, le député Verhestraeten regrette "que la réduction des accises à la pompe ne soit pas parmi les propositions" des experts. Le CD&V réclame au passage "le maintien de l’indexation des salaires".

Pour le MR, le député Christophe Bombled a plaidé pour "un allègement de la fiscalité sur le travail", "plutôt que la distribution de nouveaux chèques". Le député MR a aussi souligné que l’indexation des salaires intervient différemment selon les métiers et les secteurs. Il y a "des pistes pour plus d’égalité entre les travailleurs", a estimé le député MR.

Pour la N-VA, "tous ces rapports reviennent à la même chose : on n’a plus d’argent, les moyens viennent à manquer", a déclaré le député Peter De Roover, avec comme "victime", "la classe moyenne".

Chez Ecolo-Groen, Wouter De Vriendt voit dans le rapport d’experts "un plaidoyer pour des réformes", un "rapport qui s’inscrit dans une transition écologique". "Des mesures vertes, ce sont des mesures sociales", a plaidé Wouter De Vriendt.

Son collègue au sein du groupe Ecolo-Groen, Gilles Vanden Burre, il y a dans le rapport des experts "des pistes franchement intéressantes", comme "le renforcement de l’indexation" et le fait de "garder le cap de la transition verte".

Au cdH, Catherine Fonck a critiqué les "promesses" du gouvernement, des promesses non tenues. Et de citer la réforme fiscale, l’extension du tarif social aux classes moyennes, la possibilité pour les occupants de copropriétés de bénéficier des mesures de soutien à la facture énergétique ou la taxation des surplus. Catherine Fonck voit, chez le gouvernement De Croo "juste de l’inertie et une incapacité à décider".

Pour le PS, Patrick Prévot a rappelé que "depuis des mois, le Parti socialiste réclame un comité ministériel social". "Certes, il faut écouter les experts, il faut aussi écouter les gens dans la rue", a souligné le député socialiste.

Peu de réponses concrètes de la part du Premier ministre…

A toutes ces questions et critiques, le Premier ministre a consacré six minutes à répondre sans vraiment apporter d’éléments concrets.

Alexander De Croo a rappelé que "notre pays, notre continent est confronté à une situation jamais vue" et que "dès le début, le gouvernement a pris des mesures pour que le choc puisse être soutenu".

Alexander De Croo a alors expliqué que le gouvernement avait souhaité "une analyse plus approfondie" pour savoir "quelles sont les mesures nécessaires à côté des mesures déjà prises". Voilà qui recadre le contexte dans lequel la mission a été confiée au groupe d’experts socio-économiques du gouvernement.

Et de souligner, du côté du Premier ministre, que "le pouvoir d’achat est bien protégé dans notre pays", selon le rapport de la Banque Nationale et que "grâce aux mesures en vigueur, les ménages belges sont aujourd’hui mieux protégés que chez nos voisins".

"Nous n’avons pas attendu", "nous n’avons pas perdu de temps", a estimé Alexander De Croo.

En réponse à la question "comment allons-nous poursuivre ?", Alexander De Croo a précisé que les experts termineraient leur rapport dans deux semaines. Les experts suggèrent des pistes, "le gouvernement voit ces pistes et voit quelles pistes on peut retenir", a souligné le Premier ministre, rappelant que c’est au politique de prendre des décisions.

"Ne pas prendre des mesures complémentaires ? Ce n’est pas ce que j’ai dit", a rassuré le Premier ministre.

Et Alexander De Croo de voir dans le rapport des experts "quelque chose sur lequel on peut construire pour protéger les gens de ce choc" et préserver "l’avenir de la sécurité sociale". Bref, pour le Premier ministre, il s’agit de "poursuivre la politique entamée".

Mais le Premier ministre ne confirme aucun timing sur les éventuelles nouvelles réformes ou nouvelles mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Ce qui amènera lors des répliques un député à déclarer : "Vous venez de parler 6 minutes et vous n’avez rien dit".

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