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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 91e jour

25 mai 2022 à 04:36 - mise à jour 25 mai 2022 à 21:55Temps de lecture4 min
Par Sandro Faes Parisi

Les combats avec les forces russes ont atteint la périphérie de Severodonetsk, ville de l'Est de l'Ukraine, a affirmé mercredi un gouverneur ukrainien, alors que Moscou a adopté une loi abolissant la limite d'âge pour s'engager dans l'armée.

Voici un point de la situation au 91e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

Situation tendue à l'Est

La situation est "très difficile" à Severodonetsk, dont la périphérie est désormais le terrain de combats entre forces russes et ukrainiennes, a affirmé sur Telegram Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région de Lougansk, où se trouve la ville.

L'armée russe bombarde Severodonetsk "constamment", y compris à l'aide de lance-roquettes multiples, les bombes visant également l'usine Azot, où des civils sont réfugiés dans des abris anti-aériens, accuse-t-il.

D'après le gouverneur, "la semaine prochaine sera décisive" à Severodonetsk, où vivaient 100.000 habitants avant la guerre, mais que des troupes russes et des combattants séparatistes prorusses tiennent sous pression depuis des semaines.

Un représentant des séparatistes prorusses combattant aux côtés de Moscou, cité par l'agence russe Interfax, a pour sa part indiqué que la ville était "encerclée" des trois côtés et que le seul pont permettant d'en sortir était désormais sous contrôle russe.

Dans l'Est, "les forces russes ont progressé davantage au cours de la semaine écoulée que pendant tout le reste du mois de mai, mais ces avancées restent lentes, limitées à des objectifs plus petits que ceux prévus par le Kremlin", observe l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé aux Etats-Unis.

Moscou, qui a "renoncé à encercler d'un seul coup" toutes les forces ukrainiennes de l'Est, essaie désormais de "sécuriser des encerclements plus petits (de troupes de Kiev, NDLR), ce qui leur permet de réaliser des gains progressifs et mesurés", ajoute l'ISW.

Parmi ces poches que les Russes tentent de prendre en tenaille dans le Donbass : Severodonesk, donc, mais aussi Bakhmout-Lyssychansk, Zolote (près de Popasna) et atour d'Avdiïvka, selon le centre de recherche américain.

La chute de Bakhmout, dans la province de Donetsk, donnerait aux Russes le contrôle d'un carrefour qui sert actuellement de centre de commandement impromptu pour une grande partie de l'effort de guerre ukrainien.

L'armée russe dit avoir frappé trois centres de commandement, notamment près de Bakhmout, ainsi qu'un centre logistique militaire près de Soledar.

Destructions dans le Sud 

Si le front méridional semble stable, "des missiles de haute précision tirés depuis la mer et les airs ont détruit à Zaporijjia les ateliers de production de l'usine Motor Sitch fabriquant des moteurs d'avions pour l'aviation militaire ukrainienne", a affirmé mercredi matin le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov. 

D'après l'administration militaire de la région de Zaporijjia, sur "quatre missiles de croisière" tirés sur la ville, un a été intercepté par la défense anti-aérienne ukrainienne mais les autres ont endommagé au total 62 logements, tuant une femme et faisant trois blessés.

Plus à l'Est, Moscou dit aussi avoir détruit, près de la gare de Pokrovskoe, des unités ukrainiennes partant en renfort dans le Donbass.

Au Sud, le déminage et la "démilitarisation" du port de Marioupol sont terminés, a affirmé M. Konachenkov. Cet important port sur la mer d'Azov a recommencé "à fonctionner de manière régulière", a-t-il poursuivi.

L'armée ukrainienne a de son côté montré de premières images de la douzaine d'obusiers César donnés par la France et désormais actifs contre l'armée russe, sans précision quant à l'endroit où ils sont mobilisés. Une douzaine d'autres obusiers doivent être fournis à Kiev par les Pays-Bas et l'Allemagne.

Dizaines de milliers de morts

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Pour la seule ville de Marioupol, les autorités ukrainiennes parlent de 20.000 morts.

Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à plus de 29.200 hommes, 204 avions et près de 1.300 chars depuis le début de l'invasion le 24 février.

Si le Kremlin a admis des "pertes importantes", Vladimir Poutine a rendu visite mercredi pour la première fois à des soldats russes blessés en Ukraine. S'adressant à un soldat en pyjama rayé, le président russe a dit que son fils de neuf mois serait "fier de papa".

Des sources occidentales évoquent quelque 12.000 soldats russes tués, une source militaire française a confirmé à l'AFP un chiffre estimé de l'ordre de 15.000.

Ces pertes sur trois mois avoisinent celles enregistrées en neuf ans par l'Armée soviétique en Afghanistan, souligne le ministère britannique de la Défense.

Le Parlement russe a aboli mercredi la limite d'âge pour s'engager dans l'armée. Il est possible à tout volontaire n'ayant pas atteint l'âge légal de la retraite, fixé actuellement à 61,5 ans pour les hommes, de revêtir l'uniforme militaire.

Le président Zelensky a déclaré mi-avril qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés.

Aucune statistique indépendante n'est disponible.

Un tiers des Ukrainiens déplacés ou réfugiés 

Plus de huit millions d'Ukrainiens étaient déplacés à l'intérieur de leur pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). S'y ajoutent 6,5 millions qui ont fui à l'étranger, dont plus de la moitié - 3,4 millions - en Pologne.


 

 

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