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Diplomatie : USA, Australie et Royaume-Uni s'allient pour un contrat sur des sous-marins nucléaires, la France fulmine

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien de l'époque Malcolm Turnbull visitent un sous-marin australien à Sydney, le 2 mai 2018

© BRENDAN ESPOSITO

Les Etats-Unis, qui cherchent à renforcer tous azimuts leurs alliances face à la Chine, ont annoncé mercredi avec l'Australie et le Royaume-Uni un vaste partenariat de sécurité dans la zone indo-pacifique, comprenant notamment la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra.

Cette annonce spectaculaire torpille un gigantesque contrat passé par l'Australie auprès de la France pour la livraison de sous-marins conventionnels, provoquant la colère de Paris.

France amère

"La première grande initiative de (ce nouveau pacte appelé) "AUKUS" sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie", a dit le Premier ministre australien Scott Morrison, apparaissant en visioconférence, ainsi que son homologue britannique Boris Johnson, lors d'un événement présidé par Joe Biden à la Maison Blanche.

La France, qui voit un contrat de plusieurs dizaines de milliards d'euros échapper à son industrie navale, a aussitôt fustigé une "décision regrettable" et "contraire à la lettre et à l'esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l'Australie", selon un communiqué conjoint des ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

Et il n'est pas sûr que Paris se console avec les propos conciliants de Joe Biden, qui a assuré mercredi que les Etats-Unis voulaient "travailler étroitement avec la France" dans cette zone très stratégique. Paris "est un partenaire clé" des Etats-Unis, a-t-il encore dit.

"Le Royaume-Uni, l'Australie et les Etats-Unis vont être liés encore plus étroitement, ce qui reflète le degré de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié"

"Le Royaume-Uni, l'Australie et les Etats-Unis vont être liés encore plus étroitement, ce qui reflète le degré de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié", a déclaré Boris Johnson, qui engrange là un succès diplomatique certain dans sa stratégie pour éviter l'isolation internationale après le Brexit.

Propulsion nucléaire 

"Sur la base de notre histoire commune de démocraties maritimes, nous nous engageons dans une ambition commune pour soutenir l'Australie dans l'acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire", ont fait savoir les trois partenaires dans un communiqué commun, qui précise qu'il s'agit bien de propulsion, et non d'armement.

"Le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont jamais partagé ce type de technologie de propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne" à partir de 1958, avait indiqué plus tôt un haut responsable de la Maison Blanche. "C'est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l'Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations."

La Nouvelle-Zélande a annoncé que les futurs sous-marins de son voisin et allié australien ne seraient pas les bienvenus chez elle. "La position de la Nouvelle-Zélande concernant la prohibition de navires à propulsion nucléaire dans nos eaux est inchangée", a indiqué la Première ministre Jacinda Ardern.

La Chine n'a été mentionnée ni dans les déclarations orales des dirigeants australien, britannique et américain, ni dans leur communiqué qui évoque la "paix et la stabilité dans la région indo-pacifique". Mais il ne fait aucun doute que la nouvelle alliance vise d'abord à faire face aux ambitions régionales de Pékin.

Joe Biden répète depuis son élection qu'il entend se confronter à la Chine, comme son prédécesseur Donald Trump, mais de manière très différente, sans s'enfermer dans un face-à-face.

Mercredi, il a ainsi dit vouloir "investir dans notre plus grande source de force, nos alliances" et vouloir "les mettre à jour pour mieux faire face aux menaces d'aujourd'hui et de demain".

Le "contrat du siècle" pour la France torpillé

Le président américain réunit d'ailleurs le 24 septembre à Washington les Premiers ministres australien, indien et japonais pour relancer un format diplomatique, le "Quad", qui végétait depuis plusieurs années.

Mais l'annonce de mercredi, malgré les précautions de langage de Joe Biden, risque bel et bien de jeter un coup de froid sur une autre alliance, avec la France, puisqu'elle revient à torpiller ce qui était parfois qualifié de "contrat du siècle" pour l'industrie de défense française.

Le français Naval Group avait été sélectionné en 2016 par Canberra pour fournir 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire) dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda, pour 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d'euros).

"Plan B" australien

Mais l'industriel français était depuis plusieurs mois sous le feu des critiques en Australie où l'on dénonçait les surcoûts du programme, démentis par Naval Group.

Le gouvernement australien avait évoqué début juin la menace d'un "plan B" en cas d'échec des négociations de la prochaine phase du contrat, dit de "basic design" des sous-marins. Les autorités australiennes entendaient qu'elles soient conclues avant fin septembre.

"Le Commonwealth d'Australie n'a pas souhaité engager la phase suivante du programme, ce qui est une grande déception pour Naval Group", a affirmé le groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Lors d'un entretien avec Scott Morrison mi-juin, Emmanuel Macron avait pourtant réaffirmé "l'engagement plein et entier" de la France à aller jusqu'au bout du contrat.

 

Emmanuel Macron arrive à Cherbourg pour inaugurer le sous-marin nucléaire Suffren (12 novembre 2019)

Macron arrive à Cherbourg pour inaugurer le sous-marin nucléaire Suffren

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Propulsion nucléaire 

"Sur la base de notre histoire commune de démocraties maritimes, nous nous engageons dans une ambition commune pour soutenir l'Australie dans l'acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire", ont fait savoir les trois partenaires dans un communiqué commun, qui précise qu'il s'agit bien de propulsion, et non d'armement.

"Le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont jamais partagé ce type de technologie de propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne" à partir de 1958, avait indiqué plus tôt un haut responsable de la Maison Blanche. "C'est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l'Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations."

La Nouvelle-Zélande a annoncé que les futurs sous-marins de son voisin et allié australien ne seraient pas les bienvenus chez elle. "La position de la Nouvelle-Zélande concernant la prohibition de navires à propulsion nucléaire dans nos eaux est inchangée", a indiqué la Première ministre Jacinda Ardern.

La Chine n'a été mentionnée ni dans les déclarations orales des dirigeants australien, britannique et américain, ni dans leur communiqué qui évoque la "paix et la stabilité dans la région indo-pacifique". Mais il ne fait aucun doute que la nouvelle alliance vise d'abord à faire face aux ambitions régionales de Pékin.

Joe Biden répète depuis son élection qu'il entend se confronter à la Chine, comme son prédécesseur Donald Trump, mais de manière très différente, sans s'enfermer dans un face-à-face.

Mercredi, il a ainsi dit vouloir "investir dans notre plus grande source de force, nos alliances" et vouloir "les mettre à jour pour mieux faire face aux menaces d'aujourd'hui et de demain".

Le "contrat du siècle" pour la France torpillé

Le président américain réunit d'ailleurs le 24 septembre à Washington les Premiers ministres australien, indien et japonais pour relancer un format diplomatique, le "Quad", qui végétait depuis plusieurs années.

Mais l'annonce de mercredi, malgré les précautions de langage de Joe Biden, risque bel et bien de jeter un coup de froid sur une autre alliance, avec la France, puisqu'elle revient à torpiller ce qui était parfois qualifié de "contrat du siècle" pour l'industrie de défense française.

Le français Naval Group avait été sélectionné en 2016 par Canberra pour fournir 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire) dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda, pour 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d'euros).

"plan B" australien

Mais l'industriel français était depuis plusieurs mois sous le feu des critiques en Australie où l'on dénonçait les surcoûts du programme, démentis par Naval Group.

Le gouvernement australien avait évoqué début juin la menace d'un "plan B" en cas d'échec des négociations de la prochaine phase du contrat, dit de "basic design" des sous-marins. Les autorités australiennes entendaient qu'elles soient conclues avant fin septembre.

"Le Commonwealth d'Australie n'a pas souhaité engager la phase suivante du programme, ce qui est une grande déception pour Naval Group", a affirmé le groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Lors d'un entretien avec Scott Morrison mi-juin, Emmanuel Macron avait pourtant réaffirmé "l'engagement plein et entier" de la France à aller jusqu'au bout du contrat.

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