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Ecologie

Diminuer sa consommation de protéines, c'est aider la planète et son corps

Mangez moins de protéines, c'est bon pour la planète !

Spiruline, soja, graines de chia ou de courges... Les alternatives à la viande ont la cote parce qu'elles permettent de faire le plein en protéines.

Si vous avez décidé de les choisir pour réduire l'impact carbone de votre alimentation sur la planète, sachez qu'un trop-plein ne serait pas non plus judicieux : cela contribuerait à la pollution à l'azote. Explications.

Les protéines polluent les sols et l'atmosphère via les urines

On en trouve dans notre faux-filet mais aussi dans notre œuf sur le plat ou encore dans un bol de lentilles ou une salade de pousses de soja... Les protéines sont un composé essentiel de notre organisme parce qu'elles constituent le tissu musculaire et participent au renouvellement des cellules dans les os, les cheveux ou les ongles.

D'origine animale ou végétale, cette famille de macronutriments doit représenter entre 10 et 27% de l'apport énergétique journalier d'un adulte âgé de moins de 60 ans, indique l'Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses-France). Plus concrètement, 100 à 150 grammes de viande, de poisson ou d’œuf couvrent largement ces besoins, d'après le programme national nutrition santé "Manger Bouger". 

Quand on consomme trop de protéines, le surplus est éliminé dans les urines. Ainsi se forme l'urée, un déchet qui se distingue par ses composés riches en azote.

A la problématique nutritionnelle s'ajoute alors un autre souci dont on n'avait pas conscience préalablement, celui d'une pollution de l'environnement à l'azote.

La pollution de l'environnement à l'azote

La revue scientifique Scientific American rapporte que l'azote peut se décomposer et former des gaz d'azote oxydé pouvant finir dans l'atmosphère. Le processus contribue dans ce cas au réchauffement climatique en appuyant la présence des gaz à effet de serre.

Au bout du compte, notre consommation trop protéinée, qui se retrouve dans les urines, finit par se détecter dans les eaux usées et donc potentiellement aussi dans celle du robinet. Voilà comment les scientifiques ont la preuve de l'impact des protéines de notre alimentation sur l'environnement.

Le constat est sans appel : 67 à 100% de la pollution à l'azote retrouvée dans les eaux usées sont produits par ce que mangent les êtres humains

S'en tenir aux doses recommandées

Il y a donc une bonne nouvelle : nous avons les moyens d'agir pour réduire l'apport d'azote qui souille les sols et l'atmosphère. Car d'après une étude de l'Université de Californie, si la population américaine consommait la juste ration de protéines correspondante aux doses recommandées, les taux de rejets d'azote en 2055 pourraient être 27% moins importants qu'aujourd'hui et ce, même si le nombre d'habitants au pays de l'oncle Sam augmente. Les Américains constituent la référence de cette étude tout simplement parce que les Etats-Unis sont parmi les plus grands mangeurs de protéines. 

La technologie aussi pourrait aider à éliminer l'azote des eaux usées, jusqu'à 90%. Déjà développée, elle est malheureusement chère à mettre en place. Seulement 1% des eaux usées en Amérique du Nord en bénéficient.

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