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Le 8/9

Didier van Cauwelaert signe un roman déjanté et personnel : "C’est une manière de dire 'Je t’aime' à ma mère"

Didier van Cauwelaert, pour "Une vraie mère... ou presque"

Le 8/9

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16 mai 2022 à 08:593 min
Par François Saint-Amand

Didier van Cauwelaert était l'invité du 8/9 pour présenter son nouveau livre Une vraie mère… ou presque. Pour la première fois, l'auteur français livre un message plus personnel à travers une histoire tout aussi déjantée qu'émouvante du rapport à la mère et à la mort. Ou comment faire rimer humour léger et hommage profond.

Avez-vous déjà pensé à commettre des excès de vitesse avec la carte grise de votre mère... défunte ? Peut-être pas, mais le personnage de ce livre, oui ! Après avoir perdu onze points sur son permis de conduire, la défunte mère doit participer à un stage de récupération de points. Ce qui est problématique quand on est mort.

C’est là que Lucie Castagnol, une bouillonnante comédienne à la retraite, entre en jeu ! Elle interprètera à perfection le rôle de la disparue !

Didier van Cauwelaert vous embarque dans une aventure schizophréniquement drôle !

Le rire pour surmonter la perte d’un être cher

Après notamment L'inconnue du 17 mars ou encore Le Pouvoir des animaux, Didier van Cauwelaert livre un nouveau roman lumineux, cette fois sur le rapport à la mort et à la mère.

"C'est un livre né d'une émotion trop forte que j'ai eu besoin de partager. Et pour moi le meilleur vecteur pour faire passer l'émotion est de commencer par le rire, par une situation décalée qui fait qu'on peut aller plus loin dans l'émotion, sans aller dans le pathos. Puis je trouve que se réconcilier avec la vie, avec la mort, des gens qu'on a aimé, cela doit passer par cette énergie vitale formidable qu'est l'humour" confie le romancier.

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Des situations fictives basées sur une réflexion propre à l’auteur

Et les situations farfelues rencontrées par Pierre dans Une vraie mère... ou presque ne manquent pas. La carte grise de sa maman, Simone, n'a par exemple pas été désactivée. Il continue de faire rouler sa voiture et reçoit les contraventions d'excès de vitesse au nom de celle-ci. Émane alors une réflexion aussi drôle que fataliste : "Ma mère n'a jamais aussi mal conduit depuis qu'elle est morte".

Cette phrase, elle a traversé l'esprit de Didier van Cauwelaert lui-même. "Les romans naissent souvent d'une phrase chez moi. Je me dis que si jamais cela continue, si un jour elle n'a presque plus de points, elle recevra une convocation d'un stage de récupération de points. Je fais quoi ? J'engage une sosie ? Je ne l'ai pas fait dans la vie mais j'en ai fait un roman" révèle-t-il.

Ce nouveau roman de l'écrivain de 61 ans s'enfonce néanmoins dans des quiproquos totalement fictifs. L'idée d'usurper l'identité de sa mère défunte provient, dans le livre, d'une ancienne comédienne qui tente de payer son Ehpad. "Elle a entendu cette histoire car dans l'établissement il y a la sœur de la défunte et cette comédienne a connu la mère. Un jour, elle se présente sous les traits de la mère avec perruque, tailleur et la voix de la mère pour se faire engager. Le narrateur d'abord n'en veut pas mais la demande de cette femme est si forte car ce personnage est son ultime création". Pierre est finalement rattrapé par la réalité de sa fraude au permis de conduire et est touché par cette femme qui n'a jamais exercé le rôle de mère. Petit à petit, les deux personnages se rapprochent : "Elle s'installe dans la cuisine, refait les plats de la mère. Lui son problème était : 'J'ai perdu ma mère'. Le problème devient : 'Je la retrouve'".

Un roman personnel pour Didier van Cauwelaert

Cet humour en catastrophe se répercute même sur le quotidien de couple du héros du roman Une vraie mère... ou presque. La compagne de Pierre pensait être débarrassée de sa belle-mère... elle doit maintenant supporter sa fausse belle-mère.

"Cette situation de décalage d'humour permet d'aller très loin dans l'émotion, la redécouverte du vrai visage d'une femme après sa mort, à travers l'imposture" justifie ainsi Didier van Cauwelaert.

Le romancier le révèle, cette histoire lui sert d'abord à lui comme une réparation. Plus passionné par son père durant sa jeunesse, dont il voulait recopier le caractère, l'humour ou le destin, il était moins enthousiasmé par les réflexions de sa mère qui "jouait le rôle nécessaire du garde-fou" au sein de la famille.

Les situations cocasses tirées de ce roman lui servent de fonction cathartique reconnaît-il : "Elles permettent de revisiter, parfois de résoudre, d'interroger la réalité que j'ai vécue et c'est une manière de dire 'je t'aime' à ma mère, comme je n'ai pas pu le faire dans la réalité peut-être aussi".

Une vraie mère... ou presque, le remède pour surmonter le deuil d'un être cher ?

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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