Politique

Didier Reynders: "Le but, c'est que les réfugiés rentrent un jour chez eux"

Didier Reynders: "Le but c'est que les réfugiés rentrent un jour chez eux"

© Pierre Kroll

13 mars 2016 à 12:29 - mise à jour 13 mars 2016 à 12:29Temps de lecture2 min
Par J.C.

Didier Reynders, vive-Premier ministre MR, était l'invité des Décodeurs ce dimanche. 

Le budget 2016 du gouvernement a beaucoup fait parler de lui ces derniers jours: 2,2 milliards, un peu plus ou beaucoup plus ? Combien d'euros le gouvernement va-t-il devoir trouver pour boucler ce budget ? Le sp.a, dans l'opposition, parle lui de 9 milliards.

"Nous sommes en train de fixer le chiffre, répond Didier Reynders. Le sp.a ne participe pas à cet exercice, je comprends qu’il parte vers des chiffres extravagants. Nous sommes en train de voir quelle est la base réelle pour remettre le budget 2016 en ordre. C’est 2,2 milliards, comme le dit le comité de monitoring, mais il y aura peut-être quelques corrections à la hausse et à la baisse. Et puis il y a un autre débat, c’est de savoir comment maintenir l’équilibre en 2018, puisqu’il y avait aussi un dérapage en 2015. Mais le rattrapage ne doit pas forcément se faire en 2016…"

Et des dépenses "inhabituelles" ont alourdi ce budget. "Nous avons de plus en plus de dépenses pour la lutte contre le terrorisme et pour l’accueil des réfugiés, et là la Commission européenne semble confirmer que ses dépenses ne compteront pas dans le déficit. Mais on espère que ces dépenses ne vont pas devoir être maintenues de nombreuses années. Le but c’est que les réfugiés rentrent un jour chez eux, reconstruisent la Syrie, reconstruisent l’Irak…", affirme le libéral.

En outre, rappelle Didier Reynders, "on doit continuer à faire des réformes structurelles. On en a fait en matière de pensions. Et nous devons faire des réformes du marché du travail. Car pour le moment on essaie de mener en même temps un assainissement des finances publiques et des baisses de charge, qui commencent à créer de l’emploi dans le secteur privé".

Mais où trouver l'argent qui manque aujourd'hui ? Dans la sécurité sociale, comme le préconise la N-VA ? "Il faudra faire des efforts partout", réponde le vice-Premier MR.

Le ministre des Finances, Johan Van Overveldt, est très critiqué. "J’ai exercé cette fonction pendant plus de douze ans, c’est toujours difficile d’avoir des prévisions précises. Il faut faire confiance à son administration. Mais c’est vrai qu’ici il y avait beaucoup de prévisions inexactes. On est train de remettre les choses en ordre".

Le message sera très clair : ceux qui sont dans les conditions d’asile seront accueillis en Europe

Autre sujet à polémique ces derniers jours: les négociations entre Europe et Turquie sur les réfugiés. De nombreuses voix se sont élevées pour les dénoncer, notamment celle de Guy Verhofstadt selon qui l'Europe "donne les clés de l'Europe au sultan Erdogan". "Il n’est pas question de faire rentrer la Turquie dans l’Union européenne, répond Didier Reynders, qui est également ministre des Affaires étrangères. Mais il faut dialoguer avec la Turquie. Je regrette d’ailleurs qu’on ne l’ait pas fait pendant des années. Car aujourd’hui, c’est un régime autoritaire, avec de graves violations des droits de l’homme. Mais, dans l’accord qui est en négocitation, pense-t-on aux réfugiés eux-mêmes ? On voudrait qu’ils continuent à prendre des risques en mer pour arriver en Grèce ? Ici le message sera très clair : ceux qui sont dans les conditions d’asile seront accueillis en Europe".

Et de préciser: "Les trois milliards d’euros - Erdogan en voudrait trois de plus- ne vont pas dans les poches du gouvernement turc mais à des projets pour les réfugiés".

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous