Didier Reynders candidat au poste de commissaire européen: le PS "veut un débat public sur le fond"

Didier Reynders candidat au poste de Commissaire européen: le débat au parlement aura lieu vendredi
27 août 2019 à 07:12 - mise à jour 27 août 2019 à 07:12Temps de lecture3 min
Par A. Lo. avec T. Gadisseux

C’est un événement qui agite quelque peu le gouvernement fédéral en affaires courantes en cette fin d’été : la proposition de Didier Reynders pour le poste de Commissaire européen. Cette décision a été prise par le gouvernement, sans consulter le Parlement. Charles Michel a invoqué l’aspect urgent de cette décision, les nominations des États membre pour les postes de Commissaires devant être rendues pour le 26 août.

Faire l’impasse du Parlement pour cette nomination a fait grincer des dents, autant du côté francophone que flamand, DéFI dénonçant un coup de force constitutionnel ou la N-VA, via le chef de groupe à la Chambre, qui compare le gouvernement à une "agence de placement pour les ministres".


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Le PS, par son président, a demandé la tenue d’un débat public au Parlement sur cette candidature, qui se déroulera ce vendredi 30 août.

Quelle va être la position du commissaire européen belge dans cette future Commission ?

Hughes Bayet, ancien eurodéputé socialiste, est sur le plateau de Matin Première pour commenter cette nomination. Ne remettant pas en doute les compétences de Didier Reynders pour être commissaire européen, le député fédéral émet quelques doutes sur sa position politique. "Didier Reynders étant le père de la déduction des intérêts notionnels, quelle va être sa position en matière de lutte contre l’évasion fiscale, de dumping social, de droits sociaux, de crise climatique ?"

Par ce débat public, "on voudrait vraiment parler du fond : quelle va être la position du commissaire européen belge dans cette future Commission, qu’est-ce qu’on veut de l’UE et quelle va être sa feuille de route ?"

Alors que DéFI est très virulent sur l’impasse faite du Parlement pour la nomination du Commissaire, parlant de violation de la constitution, le PS lui se fait plus discret, et ne barre pas explicitement la route à cette décision. "Il faut savoir que le Parlement belge qui va décider in fine si Didier Reynders pourra être Commissaire, mais bien le Parlement européen. Dès la fin de ce mois, il va passer en session au Parlement européen, où il sera questionné sur ses compétences et objectifs."


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"Nous, au niveau belge, on veut vraiment influencer les décisions que prendra Didier Reynders dans cette Commission, et c’est pour cela que l’on demande un débat, qui aura lieu vendredi à 10 heures" Il n’est donc pas question de remettre fondamentalement en question la désignation de Didier Reynders. "La Belgique aurait été comme la cinquième roue du carrosse européen si elle n’avait pas remis sa candidature à temps, elle aurait eu de faibles compétences".

Deux MR à l’Europe, ça fait grincer des dents

Si la nomination de Didier Reynders crée autant de remous, c’est aussi parce que le deuxième représentant belge dans l’Union européenne est aussi issu du MR : Charles Michel a été nommé, fin juin, président du Conseil Européen. "C’est étonnant, et je comprends que le citoyen se pose des questions. C’est la cinquième force politique au niveau fédéral, ils n’ont pas non plus gagné les élections, mais ils arrivent à obtenir deux postes importants au sein de l’Union européenne."

"Ils ne sont pas là pour représenter la Belgique uniquement ou leur parti, nous voulons donc nous assurer que des objectifs de gauche seront soutenus au sein de cette commission." Car, avec Ursula der Leyen à sa tête, les partis de gauche craignent potentiellement un virage vers la droite de la Commission. "Faute de quoi, le groupe socialiste ou peut-être d’autres groupes européens risquent de refuser toute une série de commissaires ou d’avaliser le programme de la Commission européenne."

Sans Didier Reynders ou Charles Michel dans l’échiquier politique belge, les négociations des coalitions aux différents niveaux de pouvoir pourraient-elles être en quelque sorte facilitées ? "Ce n’est pas vraiment une question de personne, mais plutôt une question de projet, estime le député fédéral. Et c’est ça le problème, quels sont les partis politiques qui peuvent se retrouver ensemble pour créer un véritable programme."

Pas de jeu entre le PS et le MR, aux niveaux belge et européen, donc. "Je ne pense pas qu’il y ait de deal, non".

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