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Politique

Didier Reynders à Jeudi en Prime : maintenir des réacteurs nucléaires est "un choix très sécurisé"

16 févr. 2022 à 23:15 - mise à jour 17 févr. 2022 à 23:02Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet

Didier Reynders (MR), commissaire européen en charge notamment de la Justice et de la Protection des consommateurs était l’invité de Jeudi en Prime, sur la Une, après le Journal Télévisé. Le commissaire européen et ancien vice-Premier ministre belge était, entre autres, interrogé sur le débat en Belgique sur la fin des centrales nucléaires et sur la crise entre la Russie et l’Ukraine.

Jeudi en Prime

Didier Reynders - Commissaire Européen

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Fermer tous les réacteurs nucléaires d’ici 2025 ? "Il faut être très prudent"

La Belgique prendrait-elle un risque si elle confirmait dans les semaines qui viennent la fermeture définitive des centrales nucléaires en 2025, alors qu’il lui serait encore possible de prolonger la durée de vie de deux réacteurs ? "C’est un choix à faire en assumant les risques qui sont sur la table aujourd’hui", répond Didier Reynders. Pour lui, "il faut être très prudent", car dit-il, en tournant les yeux vers la crise russo-ukrainienne, une telle crise, "peut avoir un impact très fort sur les prix et sur l’approvisionnement".

Prudent, le commissaire européen se garde bien de s’immiscer dans le débat politique belge. Pour lui, la question qui se pose en Belgique est de savoir si l’on a "vraiment la certitude que l’on peut se passer, non pas de la sortie du nucléaire – on sort du nucléaire en Belgique, on ferme des centrales les unes après les autres – mais de fermer les deux dernières dans les dates prévues". "Beaucoup d’Etats européens font le choix de continuer à utiliser encore du nucléaire pendant un certain nombre d’années", ajoute le commissaire européen Reynders. C’est pour ce dernier, "un choix très sécurisé", "si en parallèle on développe beaucoup le renouvelable".

Dans le contexte géopolitique actuel, miser sur des centrales au gaz pour remplacer les réacteurs nucléaires comme le prévoit la Belgique, est-ce une bonne idée? En attendant de trouver des sources diversifiées d’approvisionnement énergétique, dans le renouvelable ou important d’autres types de gaz, comme le LNG du Qatar, "il y a des énergies existantes aujourd’hui. Donc, le nucléaire qui est là, la question est de savoir si l’on peut s’en passer au rythme prévu", insiste Didier Reynders.

Si l’objectif de nombreux pays, dont la Belgique est d’assurer une transition vers le renouvelable, la stratégie belge étonne Didier Reynders. "Ce qui est particulier en Belgique, c’est que l’on veut utiliser du gaz, qui est carboné, pour sortir du nucléaire, qui est décarboné même s’il pose d’autres problèmes en matière de déchets et de sécurité", s’interroge le commissaire européen.

L’ancien vice-Premier ministre belge rappelle alors les craintes émises par le patronat belge à propos du scénario de fermeture des centrales d’ici 2025, des craintes relayées par certaines formations politiques. "Ils sont inquiets en fonction de la situation dans laquelle on se trouve. Les citoyens ont aussi raison d’être inquiets quand on voit l’évolution des prix, mais aussi quand on voit ce qu’une crise internationale peut entraîner comme risque d’approvisionnement", répète Didier Reynders.

A propos de la Russie et de l’Ukraine : "la menace est très grande",

A propos de la tension entre la Russie et l’Ukraine, l’inquiétude est de mise. "Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que la menace est très très grande. Elle est très forte", estime Didier Reynders à propos de la Russie.

Du côté de l’Union européenne, "ce que nous préparons à la Commission, ce sont les sanctions si on devait voir vraiment une agression intervenir", explique Didier Reynders.

A la question l''Europe doit-elle avoir peur du "géant russe", le commissaire européen répond "le géant russe, c’est le produit intérieur brut de l’Espagne, donc il faut quand même relativiser un peu", ironise Didier Reynders, tout en ajoutant que "c’est une puissance militaire redoutable et nucléaire".

Les armes de l’Europe dans la situation actuelle sont surtout des leviers socio-économiques. Alors que l’Europe importe énormément de gaz russe, "Agir sur l’énergie, diversifier nos approvisionnements et pouvoir se passer beaucoup plus fortement de l’énergie russe", est le premier moyen cité par Didier Reynders. "Cela pèse beaucoup sur le budget russe. C’est la source de revenu la plus importante en Russie", ajoute-t-il.

Un autre moyen à disposition de l’Europe pour freiner les ardeurs de la Russie, c’est d’agir sur l’accès aux marchés financiers. "Il y a aussi des sanctions possibles dans ce domaine financier", explique Didier Reynders.

"Tout est sur la table", précise le commissaire européen. "Ça dépendra de la chance de réussite des contacts diplomatiques qui ont encore lieu pour le moment".

"On doit donner le message très clair que le coût pour la Russie sera très élevé si quelque chose se passe en Ukraine", conclut Didier Reynders sur ce sujet.

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