Diables Rouges

Diables Rouges : Roberto Martinez poursuit sa mission, avec détermination, mais entouré de questions non résolues

Roberto Martinez s’est exprimé

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09 juil. 2021 à 09:03Temps de lecture2 min
Par Pierre Deprez

Roberto Martinez s’est exprimé pour la première fois ce jeudi depuis l’élimination précoce de la Belgique en quarts de finale de l’Euro 2020 face à l’Italie.

Ce que je retiens surtout, c’est la question du "stop ou encore" (pour la mission du sélectionneur) qui ne s’est jamais posée dans l’équipe. Ça paraissait évident aux yeux de tous (joueurs, staff technique et médical) que Martinez allait poursuivre son aventure puisque le travail n’est pas fini, puisque son contrat court jusqu’au Qatar 2022… et puisqu’il n’y a rien à reprocher au coach, d’après eux tous.

C’est en tout cas ce que le sélectionneur laisse entendre.

Plutôt frappant, Martinez estime n’avoir commis aucune erreur et ne changerait rien s’il pouvait revivre le tournoi. Il pense avoir fait les bons choix, toujours en concertation avec son staff. Ou plutôt ses staffs : technique et médical. Soit il s’agit d’une difficulté à se remettre en question, soit effectivement tous ses choix ont été mûrement réfléchis, justifiés et donc assumés.

De la même manière, il semble ne pas analyser les matchs difficiles (Portugal, Italie) de la même manière que les observateurs extérieurs. J’ai l’impression qu’il voit ses joueurs plus beaux qu’ils ne l’ont été. "Je pense qu’on n’apprécie pas assez les performances de notre équipe nationale", a-t-il répété. C’est vrai qu’on s’est habitué aux bons résultats et qu’on critique aujourd’hui tout faux pas, mais dans cet Euro, le niveau de jeu de nos Diables a objectivement laissé de nombreux consultants déçus. Ça m’inquiète un peu d’entendre Roberto Martinez nier cela. Il insiste beaucoup sur cette nouvelle "capacité à souffrir" de notre équipe, qui est une grande qualité pour lui. Ça me rend, une fois de plus, un peu sceptique. Parce que d’abord c’est mieux de ne pas souffrir, ou le moins souvent possible, mais aussi parce que si aux termes de la souffrance il y a l’élimination, on n’a rien gagné, je trouve.

Il reconnaît tout de même qu’à certains moments, notamment face à l’Italie, les Belges ont manqué de fraîcheur, d’explosivité, de force. Il attribue cet état de fait aux voyages, aux blessures, et au Covid. J’espère qu’il ne s’agit aucunement d’un manque de caractère, d’envie, d’agressivité ou autre facteur ?

Lorsqu’il répond à ceux qui lui reprochent de ne pas "oser" certaines choses, qu’il a titularisé un gamin de 19 ans (Jérémy Doku) en quarts de finale contre l’Italie, il a raison. S’il y en a un qui depuis 3 ans s’évertue à "lancer" nos Espoirs, c’est bien lui.

Enfin, à ceux qui voudraient voir s’opérer la grande lessive au détriment des plus anciens (Dries Mertens, Jan Vertonghen, Thomas Vermaelen, Nacer Chadli,…) au profit des jeunes pousses, j’aime beaucoup sa philosophie : "On continuera (comme on l’a fait jusqu’à présent) à intégrer des jeunes et à favoriser leur éclosion, mais c’est le football qui décidera. La tentation pour un sélectionneur, surtout après un revers, est de lancer des jeunes et écarter des anciens, mais si les jeunes ne sont pas prêts et que les anciens sont toujours au niveau, on peut vite aller à la catastrophe".

Bref, en une heure de CP, il y avait un peu de tout. A commencer par un Sélectionneur fédéral bien décidé à poursuivre sa mission à la tête de l’équipe nationale, et du football belge en général.

Belgique - Italie : 02 juillet 2021 (1-2)

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