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Le 6-9 ensemble

Deux BD qui vous feront voyager malgré le confinement

"Les oiseaux ne se retournent pas", une BD qui mélange les langages artistiques

Extrait de Le 6-9, ensemble

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21 avr. 2020 à 12:45 - mise à jour 21 avr. 2020 à 12:454 min
Par François Saint-Amand

Mathieu Van Overstraeten, le chroniqueur BD du 6-9 ensemble vous propose deux nouvelles idées du 9ème art pour passer votre confinement en lecture : Les oiseaux ne se retournent pas et Les Artilleuses.

Vous en avez marre de n'entendre et de ne lire que des informations ou même des œuvres culturelles en lien avec la pandémie de coronavirus ? 

Mathieu Van Overstraeten vous invite à vous intéresser à un sujet toujours actuel mais qui est un peu oublié depuis la crise sanitaire, la crise migratoire, avec la bande dessinée Les oiseaux ne se retournent pas et à vous détendre en lisant Les Artilleuses, une BD aux allures d'Arsène Lupin et des Brigades du Tigre.

Mettre en lumière les enfants réfugiés

Deux BD pour penser à autre chose qu'au coronavirus

Les oiseaux ne se retournent pas raconte l'histoire d'une jeune réfugiée.

Mathieu Van Overstraeten s'était déjà attardé sur un tel sujet avec L'odyssée d'Hakim, récit d'une histoire vraie d'un réfugié syrien.

Les oiseaux ne se retournent pas a toutefois deux différences avec la précédente. Premièrement, elle se concentre sur le destin d'un enfant. "Ce n'est pas anodin car il y a un quart des réfugiés qui arrivent en Europe qui sont des enfants et donc c'est clair que c'est un drame qui les touche très fort. Il y a des milliers d'enfants isolés" commente ainsi le chroniqueur.

Deuxièmement, le ton employé est différent. Alors que L'odyssée d'Hakim relatait tout en détail, avec Les oiseaux ne se retournent pas, on approche un récit "beaucoup plus poétique, à la fois au niveau des mots et des dessins" pointe également Mathieu.

Une rencontre entre deux personnages

Deux BD pour penser à autre chose qu'au coronavirus

L'histoire est celle de "deux personnages dont les destins vont se croiser".

Il y a d'abord celle d'une fille de 12 ans dénommée Amel. "Ses parents sont tous les deux morts dans la guerre qui déchire son pays et elle est élevée par ses grands parents. Ceux-ci décident de la confier à une famille qui doit la mener jusqu'en Europe. Désormais elle ne s'appelle plus Amel mais Nina et n'a plus 12 ans mais 16 ans. Ses grands parents lui donnent quelques règles très simples à suivre : avancer quoi qu'il arrive, ne pas montrer ses peurs, éviter les passeurs et n'accorder sa confiance à personne, mais les choses ne vont pas tout à fait se passer comme prévu" relate Mathieu Van Overstraeten.

Comme beaucoup de réfugiés, elle se retrouve finalement seule dans un environnement hostile "mais heureusement pour elle elle fait la rencontre de l'autre grand personnage, Bacem, un ancien soldat qui tente lui aussi de rallier l'Europe et est inséparable de son oud (NDLR : instrument de musique arabe proche et ancêtre du luth). Cette rencontre va jouer un rôle important dans ce récit" précise-t-il.

Une BD qui mélange les langages artistiques

Deux BD pour penser à autre chose qu'au coronavirus

Le chroniqueur BD apprécie tant le langage que les dessins employés dans Les oiseaux ne se retournent pas. "C'est très graphique, à mi-chemin entre le livre illustré et la bande dessinée avec des pages très visuelles, très poétiques, avec des couleurs souvent très sombres mais avec quelques petites touches de couleurs vives comme le foulard, la robe, les habits" analyse-t-il.

En somme :

C'est une BD qui est très forte, pleine d'émotion et qui dénonce avec pudeur les atrocités de la guerre et la dureté des camps de réfugiés.

Il ajoute : "Les mots aussi jouent un rôle important dans cette BD car elle utilise énormément de citations poétiques : Khalil Gibran, Andrée Chedid, Saint-Exupéry".

Mathieu précise encore : "C'est une BD qui m'a beaucoup plu. Ce qui est intéressant c'est que ce n'est pas seulement une BD. Elle va associer des tas de langages artistiques : l'écriture, les arts visuels, la musique".

En effet, à côté de cette bande dessinée, il existe un spectacle autour de cette histoire qui a été monté par l'auteure, Nadia Nakhlé. Celle-ci "prépare aussi un long métrage d'animation autour de cette histoire".

Si l'histoire reste sombre, "même en cette période-ci cela vaut la peine de s'intéresser au destin parfois tragique d'enfants comme Amel" conclut le chroniqueur à ce sujet.

Les Artilleuses, une BD plutôt explosive

Deux BD pour penser à autre chose qu'au coronavirus
Deux BD pour penser à autre chose qu'au coronavirus

Si vous cherchez plutôt une BD qui vous fera voyager et sourire, optez pour le premier tome des Artilleuses : Le vol de la Sigillaire, qui vous plonge dans le "Paris des merveilles".

L'univers qui ressort sillonne entre Arsène Lupin et Disney d'après Mathieu car "l'histoire se déroule en 1911 à Paris, celui de la Belle Époque, au moment des fameuses Brigades du Tigre et en même temps on est dans quelque chose de très coloré, très joyeux parce qu'Étienne Willem le dessinateur vient du monde du dessin animé".

Toutefois, les trois héroïnes mises en scène "sont souvent plutôt sexy" selon le chroniqueur. Les Artilleuses sont en réalité "trois aventurières spécialisées dans l'attaque de banque à main armée"Lady Remington, Miss Winchester et Mam'zelle Gatling s'emparent d'une Sigillaire, "une mystérieuse relique". "À ce moment les ennuis vont commencer pour elles car elles seront à la fois pourchassées par les brigades du tigre et par les services secrets allemands" dévoile Mathieu Van Overstraeten.

L'histoire prend place dans "le Paris des merveilles", une ville de Paris "où vivent des fées, des gnomes, des magiciennes sans que personne ne s'en étonne : la tour Eiffel est en bois blanc avec des dragons qui volent autour,..." détaille encore le chroniqueur.

Cet esprit, c'est celui "de l'univers fantastique de l'auteur Pierre Pevel qui a écrit des romans de jeunesse qui ont beaucoup de succès depuis une quinzaine d'années" affirme Mathieu. Cette BD devrait autant plaire aux fans de steampunk qu'aux personnes qui souhaitent se replonger dans l'atmosphère de la Belle Époque.


►►► À lire aussi : Le monde de la bande dessinée se mobilise aussi pendant le confinement


 

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