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Désignation des commissaires européens: "C'est un scénario foireux"

Désignation des commissaires européens: "C'est un scénario foireux"
03 oct. 2014 à 06:20 - mise à jour 03 oct. 2014 à 07:142 min
Par Wahoub Fayoumi

Les discussions sont, de l'avis des observateurs, animées dans les travées du parlement européen. Les auditions des candidats commissaires se succèdent jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

Et les tractations paraissent très âpres pour les non initiés. Entre les différents groupes parlementaires, un coup donné est un coup rendu... "Il y a un aspect comme celui-là. Le PPE a prévenu les socialistes: 'si vous attaquez un commissaire de notre camp nous en attaquerons un du vôtre' ".

"On est plutôt au balcon, car nous n’avons pas de candidats commissaires qui posent les problèmes objectifs que posent un certain nombre de candidats des autres familles", estime cependant Gérard Deprez. La famille libérale, au-dessus de tout cela? "La commissaire libérale tchèque n'a pas été particulièrement brillante mais elle n'a pas montré un excès de maîtrise des dossiers; cependant, elle n'a pas posé autant de problèmes que Monsieur Canete, du PPE".

Le cas Canete: "Ça me dérange"

Miguel Arias Canete, candidat conservateur espagnol a fait beaucoup réagir parlementaires et observateurs pour ses liens et ceux de sa famille avec l'industrie pétrolière, alors qu'il postule pour le poste de commissaire à l'énergie. "Oui ça me dérange", commente Gérard Deprez.

L'audition sert, explique-t-il, à vérifier si le candidat est "intègre (...) et qu'on ne peut le suspecter de conflits d'intérêts". Ce qui intrigue, précise l'eurodéputé belge, c'est que si Canete affirme avoir vendu ses actions dans l'industrie pétrolière, ses déclarations à ce sujet ont varié. Il devra donc clairement expliquer ce qu''il en est. "S’il était commissaire à l’agriculture, il ne poserait pas ce problème".

"C’est un homme intelligent et de caractère, mais arrogant et conservateur frénétique; et ce n'est pas mon profil de commissaire européen", commente aussi Gérard Deprez.

Mais ce n'est pas le seul candidat qui pose question, estime Gérard Deprez. Il pointe aussi le britannique Jonathan Hill. "Son audition n’a pas montré une grande maitrise des dossiers qu’il devra gérer".

"Et ce n’est pas parce qu’il est lobbyiste qu’il est disqualifié", précise l'eurodéputé, qui insiste sur l'importance de la régulation du secteur financier en Europe: le futur commissaire devra être très compétent.

"Ce n'est pas que du théâtre"

Pour autant, "je n’ai pas dit que Juncker doit revoir sa copie", précise Gérard Deprez. Si Jonathan Hill est convoqué à une 2ème session, et que Arias Canete doit se justifier par écrit, "le vrai problème est que ce scénario est un scénario foireux", lance-t-il.

"Il n'y a pas que du théâtre (...)  Jean-Claude Juncker a l'aval du parlement pour composer son équipe. Mais il  n’a pas le choix de son équipe. Comme un entraîneur d'une équipe de football qui n'aurait pas le choix de ses joueurs, désignés par les clubs, ici, ce sont les États qui désignent les candidats".

"La seule liberté qu’il a est de les affecter à certains postes. Et encore…" Gérard Deprez cite alors la "pression de la famille socialiste française" pour faire désigner Pierre Moscovici. 

De plus, le parlement ne peut récuser que l'équipe présentée de façon globale. "On ne peut donc envoyer que des signaux. Et à partir de là c’est le jeu politique qui prend malheureusement le relais", regrette-t-il.

W. Fayoumi

 

L'Acteur en Direct : Gérard Deprez

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