Belgique

Désespoir rue de la Loi : "Il n’y a pas d’hygiène politique en ce moment", selon Ivan De Vadder (VRT)

L'invité de Matin Première : Ivan De Vadder

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22 sept. 2022 à 07:22 - mise à jour 22 sept. 2022 à 10:17Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien
Ivan De Vadder
Ivan De Vadder RTBF

Le journaliste politique de la VRT Ivan De Vadder est l’auteur du livre Wanhoop In De Wetstraat (Ertsberg). Interrogé sur La Première, il explique qu’à chaque nouveau gouvernement, il espère qu’il y aura une "coopération" entre tous les partis : "C’est la clé pour la confiance". Malheureusement après quelques jours, il déchante : actuellement "il y a trop de monde dans ce gouvernement, tous les présidents de parti sont dans ce gouvernement. Selon moi, après avoir participé à la formation du gouvernement un président de parti sort et il ne discute pas des affaires du gouvernement. Alors que je vois des vices-Premiers ministres, qui ont quitté le gouvernement, et qui critiquent le gouvernement dont ils sont responsables. Il n’y a pas d’hygiène politique en ce moment".

Ivan De Vadder considère qu’il y a un lien de confiance entre l’électeur et l’élu : "Vous êtes mon représentant et je vous donne ma voix, je vous fais confiance". Au sujet de qu’on appelle parfois l'"émocratie" (où l’électeur réagit aux sentiments plutôt qu’à un débat basé sur des arguments contradictoires), Ivan De Vadder estime qu’il s’agit de "bons sentiments, d’une honnêteté, d’une authenticité. En Flandre, on a découvert en 1991 qu’il y avait un gouffre la politique et le public, avec le "Zwarte Zondag" et la percée du Vlaams Belang. Dès ce moment la politique flamande a cherché à regagner la confiance et a d’abord créé un cordon sanitaire qui consistait à exclure un parti. Si on sort de l’idéologie ce n’est pas très honnête. D’autres mesures ont suivi comme en 2019 dans le gouvernement flamand la suppression du vote obligatoire. Mais ce n’est pas parce qu’on va supprimer le caractère obligatoire du vote que l’on va regagner la confiance envers la politique ! C’est plutôt avec plus d’honnêteté et de clarté".

Son livre s’intitule "désespoir dans la rue de la Loi", mais n’est pas un plaidoyer pour le populisme. Le "désespoir" est aussi causé par "les scores électoraux des partis traditionnels qui étaient de l’ordre de 60% dans les années 1990, mais qui atteignent aujourd’hui 35% : il y a une crise existentielle. Actuellement les électeurs ont tendance à voter vers les extrêmes pour donner un signal aux partis du centre, espérant que ces derniers trouveront une solution. Mais à chaque fois on a besoin de plus de partis pour former un gouvernement, et cela devient de plus en difficile de sortir de la confusion, et d’avoir ce lien d’honnêteté avec l’électeur".

Dans son livre, Ivan De Vadder évoque aussi "un certain espoir" qui peut venir d’une nouvelle génération qui arrive à la direction des partis, comme Conner Rousseau, le président de Vooruit. Cette évolution pourrait arriver bientôt dans les partis francophones, selon lui : "Je crois que vous avez 10 ans de retard".

Retrouvez Ivan De Vadder dans le podcast Plan B

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