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On n'est pas des pigeons

Des volontaires pour tester le vaccin anti-covid à Liège

Des volontaires pour tester le vaccin anti-covid à Liège
02 oct. 2020 à 13:522 min
Par Olivier Corroenne

Clémence Renson est étudiante en dentisterie à l'Université de Liège. Elle a 21 ans. Elle a décidé de se porter volontaire pour tester un vaccin anti-covid mis au point par un laboratoire pharmaceutique.

" Je me suis dit … ben oui, je vais tester. Je n'ai pas de problème de santé. Je ne suis jamais malade ou quoi que ce soit. Alors, pourquoi pas ?".

Quel type d'injection ?

Le test prend place chez ATC Pharma, une société privée du CHU de Liège. Un appel à volontaires à été lancé. 25 volontaires ont été retenus sur base de nombreux critères d'âge et de santé. Clémence en fait partie. Une fois sur place, elle subit une prise de sang et une rapide visite médicale. Elle sera suivie durant un an : "Il y aura dix visites médicales plus ou moins importantes. Il y aura deux ou trois visites avec des prises de sang qui sont des visites de contrôle. Ça ce sont des visites au centre même. Il y aura aussi des contrôles téléphoniques fréquents. Les volontaires auront l'opportunité de nous téléphoner 24 heures sur 24 pendant toute la durée de l'étude", explique de le Dr. Bernard Jandrain, le responsable médical de l'Unité de pharmacologie clinique d'ATC pharma.

On n'injecte pas le virus du corona dans son intégralité.

Dr. Bernard Jandrain dévoile aussi quelques informations sur le vaccin qui sera inoculé : " Ce ne sont pas des vaccins vivants atténués. On n'injecte pas le virus du corona dans son intégralité. On injecte un vaccin ancien modifié avec des parties de virus antigéniques qui stimulent la production à la fois d'anticorps et de cellules immuno-compétentes pour attaquer le coronavirus.". 

Le prix à payer

Ce matin, quatre volontaires attendent d'être traités. Clémence passe son tour vers 9h30. Au moment de l'injection, l'infirmier, Christophe Geradon, lui demande de bien regarder devant elle, de ne pas regarder le liquide dans la seringue : "Il peut y avoir une différence de couleur entre le placebo et les molécules primaires du vaccin. Cela permet qu'entre volontaires, ils ne puissent pas identifier une couleur ou l'autre. Cela permet donc qu'ils ne devinent pas qui a eu le vaccin et qui a eu le placebo", précise-t-il.

On s'investit pendant un an. Ce n'est pas sans risque. Ça vaut la peine d'être payée quand on prend un risque.

De son côté, Clémence fait confiance à la médecine. Elle veut faire avancer la recherche. Mais il n'y a pas que cela. Comme tous les autres volontaires, elle touchera 1200 euros pour sa participation. Ça compte aussi pour elle : "On s'investit pendant un an. Ce n'est pas sans risque. Il y aura peut-être des moments difficiles, des nausées ou je ne sais pas quoi … ça vaut la peine d'être payée quand on prend un risque". 

1200 euros ! Qui décide ?

Mais qui décide du montant ? C'est un comité d'éthique mais, sur quelle base ? Réponse De Benjamin Boinem, directeur général d'ATC pharma : " Le montant n'est pas décidé sur base des risques encourus. C'est uniquement en fonction des contraintes de l'étude donc ... est-ce que le volontaire va devoir prendre des jours de congé ? Adapter ses horaires ? Venir sur place ? Etre hospitalisé ? Ce sont autant de contraintes qui doivent être monitorées et qui entreront en ligne de compte dans le calcul de l'indemnité.".

Pour l'instant en une semaine, les 17 premiers volontaires n'ont ressenti aucun effet secondaire. A Clémence et aux autres : que tout se passe pour le mieux ! 

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