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Des universitaires en cage devant l’ambassade d’Égypte à Bruxelles pour l’étudiant Ahmed Samir Santawy

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07 juin 2022 à 18:32Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

Une quinzaine d’universitaires et de militants d’Amnesty International Belgique se sont enfermés à tour de rôle, mardi en fin d’après-midi, dans une cage devant l’ambassade d’Égypte à Bruxelles pour dénoncer l’emprisonnement d’intellectuels critiques à l’égard de la politique de leur pays, parmi lesquels l’étudiant Ahmed Samir Santawy.

"Les recteurs et le personnel académique de plusieurs universités belges ont déjà exprimé leur inquiétude quant au bâillonnement des universitaires en Égypte, en particulier en ce qui concerne l’emprisonnement d’Ahmed Samir Santawy", indique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

"La pensée critique et la liberté d’expression sont des valeurs fondamentales qui sont au cœur de la liberté académique".

Un prisonnier d’opinion, selon Amnesty

Ahmed Samir Santawy, étudiant de 29 ans, suivait un master de sociologie et d’anthropologie à l’Université d’Europe centrale de Vienne en Autriche. Amnesty International le considère comme un prisonnier d’opinion, détenu pour ses intérêts et travaux universitaires sur le genre et la religion.

Il a été arrêté le 1er février 2021, alors qu’il était en vacances dans sa famille, en raison de publications critiques envers les autorités égyptiennes sur les réseaux sociaux. Il se défend d’en être l’auteur.

Notre objectif est d’exercer le maximum de pression sur les autorités égyptiennes avant l’annonce du verdict

"Quand bien même Ahmed serait l’auteur de ces messages, il serait inacceptable qu’il soit détenu pour cette raison", réagit Philippe Hensmans. "Notre objectif est d’exercer le maximum de pression sur les autorités égyptiennes avant l’annonce du verdict".

Prolongation des procédures

Ahmed Samir Santawy a été condamné à quatre années de prison le 24 juin 2021 par un tribunal d’exception, dont les décisions ne peuvent pas faire l’objet d’appel. Un nouveau procès a été ordonné en février dernier. Le verdict est fixé au 4 juillet prochain.

Souheila Yildiz, la compagne d’Ahmed Samir Santawy, s’inquiète de la prolongation des procédures judiciaires.

"Depuis la visite du président al-Sissi à Bruxelles, nous recevons des promesses creuses selon lesquelles Ahmed sera libéré. Mais pourquoi fallait-il un nouveau procès ? Et pourquoi les audiences sont-elles sans cesse reportées ?", s’interroge-t-elle.

Une pétition de près de 30.000 signatures récoltées par Amnesty International en Belgique sera envoyée prochainement à l’ambassade.

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