Ecologie

Des plantes à 5€ au lieu de 30€ : les fleuristes aussi font des paniers anti-gaspi

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17 août 2022 à 14:06 - mise à jour 17 août 2022 à 14:13Temps de lecture3 min
Par Marine Lambrecht

Le principe est déjà bien connu pour les invendus alimentaires dans les supermarchés. Les produits qui sont proches de la péremption sont rassemblés dans un panier et revendus à moindre coût. Ces dernières années, des applications ont été créées pour centraliser les offres de paniers anti-gaspi.

Plusieurs acteurs sont implantés en Belgique. Le plus important et le plus connu, c’est l’app danoise Too Good To Go. Mais ce que vous ne saviez peut-être pas, c’est que les grandes surfaces ne sont pas les seules à l’utiliser. Les fleuristes et pépinières sont de plus en plus nombreux à proposer des paniers anti-gaspi.

Certains ont commencé à proposer leurs invendus dès 2018, année de lancement de la célèbre app en Belgique. C’est le cas de Benoit Massez, qui tient une boutique à Chaumont-Gistoux. Pour le commerçant, l’avantage principal est de réduire ses déchets. "Avant, on donnait déjà des fleurs à des hôpitaux pour les soins palliatifs, ce qui nous permettait déjà de réduire les déchets. Depuis qu’on utilise les paniers, on ne doit presque plus rien jeter", se réjouit-il.

Un intérêt écologique

L’intérêt est écologique mais pas tellement financier. Tous les fleuristes contactés par nos soins partagent cet avis. "Le panier qu’on vend à 4,99€ correspond au prix coûtant. On ne fait ni bénéfices ni pertes." Les prix sont similaires dans la boutique où Serge Pompeu travaille à Ixelles. "Des plantes qu’on vend d’habitude à 30€, parce qu’elles sont abîmées, on les fait passer à 5€ dans l’application".

Et selon eux, le client en a pour son argent. "Ça ne veut pas dire que ce qu’on met dans les paniers est bon pour la poubelle", insiste Benoit Massez. "Ce sont des plantes qu’on ne peut plus vendre au prix plein mais qu’on peut facilement replanter dans le jardin." Il propose aussi parfois des bouquets qui selon lui, "tiendront peut-être cinq jours au lieu de dix".

Les fleuristes proposent souvent des plantes vivaces. Elles ne sont parfois pas très fraîches parce que les fleurs ont fané à cause des fortes chaleurs. Elles sont donc difficiles à vendre. "Le visuel est très important dans une boutique, les fleurs fanées ça ne passe pas", explique Marie-Eve Langer, fleuriste à Liège. Mais l’avantage de ce type de plantes, c’est qu’elles sont robustes et avec quelques soins, d’autres fleurs arriveront.

Un nouveau public

Pour de nombreux fleuristes interrogés, cette activité est plutôt nouvelle. Difficile donc de mesurer son efficacité sur du long terme. Mais pour le moment, les commerçants sont satisfaits.

Sylvie Dion, qui tient une petite boutique à Hanzinne est même très emballée. "Ça fait un mois que j’utilise Too Good To Go. Mon magasin est dans un petit village, ce qui fait que je n’ai pas beaucoup de visibilité. Je remarque déjà que j’ai de nouveaux clients, ça me fait de la publicité. Dès le début, les paniers sont partis rapidement et parfois les gens achètent d’autres choses dans la boutique".

Ils sont plusieurs à le remarquer, les paniers amènent un autre public dans leurs magasins. "Un public qui a moins de moyens mais qui est soucieux de l’environnement", précise Serge Pompeu.

C’est par exemple le cas de Paula, une jeune bruxelloise de 26 ans. "Via l’application, j’ai découvert un fleuriste près de chez moi. J’étais passée plusieurs fois devant mais je n’avais jamais été à l’intérieur. Je suis allée chercher deux paniers et à présent, ça m’arrive aussi d’acheter des fleurs au prix plein."

La pression des avis et des commentaires

Le revers de la médaille pour les fleuristes comme pour les restaurateurs avec les "reviews" en ligne, ce sont les commentaires négatifs. "L’application peut être à contresens. Les utilisateurs peuvent laisser des avis et des commentaires. Si on fait bien notre travail tout se passe bien, mais on n’est jamais à l’abri d’un avis négatif", observe Sylvie Dion.

Autre point négatif possible : la mauvaise compréhension du concept. "Certains clients s’attendent à venir chercher des plantes en parfait état. Il faut bien leur expliquer que ce n’est pas le but de ces paniers. Le but c’est d’éviter les invendus et le gaspillage", estime Benoit Massez.

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