RTBFPasser au contenu

Des peines de prison légères pour les "gardiens SS" de la prison de Forest

14 des 22 gardiens poursuivis écopent de peines de prison.
27 mars 2019 à 16:59 - mise à jour 27 mars 2019 à 16:592 min
Par M.C.

Les peines sont tombées dans le procès des gardiens de prison de la prison de Forest poursuivis pour traitements dégradants et inhumains sur des détenus. Quatorze d’entre eux ont écopé de peines de prison avec sursis. La directrice poursuivie, elle, pour négligence coupable a bénéficié d’une suspension du prononcé.

Les faits remontent à 2014-2015. Des gardiens de prison de la prison de Forest se seraient rendus coupables de traitements inhumains et dégradants sur des détenus. On parle de coups et blessures, de harcèlement, d’un détenu privé d’eau alors qu’il était en isolement, de détenus laissés sous la douche sans eau pour se rincer, de falsification de rapports, d’association de malfaiteurs, Une partie des 22 gardiens poursuivis devant le Tribunal Correctionnel étaient surnommés les « SS ». Aujourd’hui, quatorze d’entre eux écopent de peine de prison allant de deux mois à 20 mois de prison avec sursis. Cinq ont été acquittés. Deux autres bénéficient d’une suspension du prononcé.

La directrice de la prison était, elle, poursuivie pour n’avoir pas ordonné d’emmener un détenu victime de troubles psychologiques suffisamment tôt chez le médecin. Le chef d’inculpation retenu était celui de défaut d’entretien d’une personne vulnérable. Elle a, elle aussi, bénéficié d’une suspension du prononcé. « Elle a fait avec les moyens du bord dans un contexte extrêmement difficile. Le contexte de la prison, surpeuplée avec un manque de moyen dont je trouve que le tribunal n’a pas suffisamment tenu compte », explique maître Dimitri De Béco, l’avocat de la directrice. Il annonce faire appel de cette décision.

Les gardiens continueront-ils à travailler ?

Parmi les 22 gardiens poursuivis, cinq étaient suspendus. L’un d’eux, le gardien surnommé « Hitler », est aujourd’hui acquitté. Pour ce qui est des autres gardiens aujourd’hui condamnés, leurs suspensions ou licenciements restent à la discrétion de la direction de la prison. La notion d’interdiction de droit civique conduisant directement à une interdiction d’exercer une fonction publique et donc à une impossibilité pour les prévenus de travailler dans le monde carcéral n’a pas été retenue.

Le ministère public avait à la base requis des peines très lourdes allant jusqu’à cinq ans de prison, le jugement est, lui, beaucoup plus modéré. Dans son prononcé, le juge a indiqué avoir pris compte des réalités difficiles liées au monde carcéral. Pour maître Yannick De Vlaeminck, avocat de trois prévenus dont deux acquittés, « la prison de Forest a servi de modèle ».

"La prison de Forest a servi de modèle", maître Yannick De Vlaeminck

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous