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Des nanoparticules de plastique pour la première fois détectées dans le sang humain

Le plastique, véritable étendard d’une humanité ultra-consumériste, est aussi une matière qui peu à peu, a littéralement contaminé notre planète, et les êtres y vivant. A tel point que la communauté scientifique le qualifie d'"entité nouvelle", soit un matériau artificiel, jusqu’ici inconnu pour les systèmes terrestres, mais qui peu à peu diffuse sa présence dans les écosystèmes et les organismes vivant. Avec un impact qui est encore difficile à estimer, autant dans notre environnement que pour la santé.

De nombreuses recherches se penchent donc sur cette question du plastique, et plus particulièrement les microparticules de plastique. Depuis plusieurs années, des équipes de scientifiques identifient ces microparticules dans divers endroits du globe, et du corps humain. Fond des océans, en suspension dans l’atmosphère, dans nos organes, et selon une étude récente, également dans notre sang.

Il est actuellement impossible d’évaluer l’impact de la présence de microparticules de plastique dans nos tissus et organes humains, car il manque encore des données quantitatives et qualitatives sur leur présence dans nos organismes. Des chercheurs néerlandais ont donc développé une technique afin de pouvoir repérer et mesurer ces microparticules dans notre sang, et les résultats ont été publiés dans la revue "Environment international" en mars.

L’échantillon est assez réduit (22 donneurs de sang anonyme), donc il ne permet pas de généraliser à une population plus grande, mais les résultats sont inédits car c’est la première fois qu’une étude identifie différentes particules de plastiques dont le diamètre ne dépasse pas 700nm (soit 0.7micromètres, ou encore 0.0007 millimètres) dans le sang. Des particules si petites qu’elles ont la capacité de traverser les membranes cellulaires, et donc potentiellement de voyager et se stocker dans certains tissus et organes. Et donc le potentiel d’intervenir dans certains processus physiologiques, soit sur notre santé.

"Raisonnable de s’inquiéter"

Des particules ont été retrouvées chez 17 patients sur les 22, soit 77% de l’échantillon. Différents types de polymères ont été identifiés, dont le fameux PET, le plastique des bouteilles souples, et du polyéthylène, composant de nombreux emballages. Des résultats pour lesquels il est "raisonnable de s’inquiéter" et qui doit encourager "des recherches supplémentaires, avec un échantillon plus grand, et une identification plus large des différents polymères" a déclaré un des coauteurs de l’étude, l’écotoxicologue néerlandais Dick Vethaak, au média anglais The Guardian. Les auteurs n’ont par contre pu identifier si ces particules étaient transportées par certaines cellules sanguines ou via le plasma, et se demandent donc, dans la conclusion, si les globules blancs, donc l’immunité, ne pourraient pas être affectés.

Une précédente étude avait retrouvé ces particules dans les selles humaines, avec une concentration jusqu’à dix fois plus élevées chez les bébés que chez les adultes, à cause notamment de l’utilisation de biberons. D’autres ont notifié de la présence de ces particules dans le placenta des femmes enceintes, ainsi que chez les rats, elles se déplaçaient jusqu’à certains organes du fœtus tels que le cœur ou les poumons. Une étude de 2020, commandée par le WWF, avait-elle estimé qu’un être humain ingérait potentiellement 5 grammes de plastique par semaine, principalement via les emballages alimentaires.

Sur le même thème : archive du JT du 26/10/2019

Norvège récolte de plastique

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