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Des jeunes ont nettoyé les 458 pavés de la mémoire à Bruxelles

A l'occasion de "Yom HaShoah", la commémoration des victimes de la Shoah, plus de 80 personnes se sont rassemblées mercredi à 14h00 au musée juif dans le centre de Bruxelles, en présence du bourgmestre de la Ville Philippe Close (PS), pour l'initiative "Faites briller leurs mémoires". Les participants sont allés nettoyer durant l'après-midi les 458 pavés dispersés en 313 lieux différents de la Région.

Lors de la cérémonie, une enfant cachée a pris la parole, aux côtés du bourgmestre, qui a mis en valeur la diversité de la Ville et l'importance de la tolérance. 

Costel Nastasie, président de l'association Roma Dignity, s'est aussi exprimé au nom de la communauté tsigane qui a également été visée par la Shoah.

Leurs histoires racontées

En fin de cérémonie, sur quatre places proches du musée juif, des photos des personnes mentionnées sur les pavés ont été posées sur des chevalets et leurs histoires ont été racontées. "L'idée est vraiment de montrer que derrière l'extermination des Juifs, il y a des noms, des prénoms, des pères, des mères, des enfants et pas seulement un nombre", a expliqué Philippe Close. "Aujourd'hui, avec ce nettoyage, cette initiative symbolique a permis de les faire exister dans la ville, que les gens s'arrêtent et voient qu'on parle ici de personnes dont la vie a été brisée par la déportation". 

Les participants, surtout des jeunes, juifs comme non juifs, se sont ensuite dispersés dans les différentes communes composant la Région. 

"J'avais commencé l'an dernier quand j'étais étudiant à Maastricht et le mouvement a grandi", a raconté Ethan Gabriel Bergman, fondateur du projet  "Faites briller leurs mémoires" et charge des Affaires Jeunesse à l'European Jewish Association (Association juive européenne). "On a déjà fait 25 villes dans six pays différents. C'est une manière pro-active d'éduquer sur la Shoah pour la prochaine génération. Quand on nettoie, des gens s'approchent et on peut par exemple leur parler du camp d'Autswitz pour ceux qui connaissent mal son histoire. C'est une manière de combattre l'ignorance, qui est souvent source de haine", a-t-il conclu.

Lecture des 29.874 déportés

Plus tôt, à 12h15, la lecture des noms des 29.874 déportés de Belgique a été ouverte par le Premier ministre Alexander de Croo à la synagogue Beth Hillel. Elle sera diffusée sur les ondes de Radio Judaïca jusqu'au lendemain à 18h15, heure du début de la cérémonie de commémoration au Mémorial aux Martyrs juifs de Belgique qui aura lieu en présence de plusieurs élus et ambassadeurs. 

Elle est organisée sous l'égide du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, du Consistoire central israélite de Belgique, du Forum des Organisations juives et de nombreuses autres associations liées à la communauté dont l'Union des Étudiants juifs de Belgique.

Le président de cette dernière, Sacha Guttmann, s'est dit se sentir particulièrement investi par le devoir de mémoire. "Ces moments de communion avec la communauté juive, où on se questionne sur le passé et les enjeux à venir, sont, je pense, importants en ces moments où la montée de l'extrême droite se fait pressante... Nous, en tant qu'étudiants, on est à l'intersection entre ceux qui ont pu entendre parler les rescapés de la Shoah et la génération suivante qui ne le pourra plus. On sent cette responsabilité de tenir un rôle de ciment intergénérationnel. La guerre en Ukraine, c'est aussi le retour de la guerre en Europe et de la souffrance de personnes qui vivent sous les bombes et la violence et cela nous touche particulièrement."

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