Régions Brabant wallon

Des glaneurs solidaires sur un champ de haricots non récoltés à Beauvechain

Des hectares de plants de haricots. Certains donnent peu, en raison de la sécheresse de l’été.

© RTBF

Des dizaines de familles ont cueilli des haricots ce matin, dans un grand champ de Beauvechain en Brabant wallon, dans le cadre d’une opération de glanage organisée par le Groupe d’Action Locale Culturalité.

Chaque participant avait l’occasion de cueillir et ramener chez lui des légumes. Mais il lui était aussi demandé de laisser une partie de sa récolte dans de grands bacs destinés à des associations telles que la Croix Rouge, les Restos du cœur, et plusieurs CPAS.

Il ne s’agissait ici pas de passer après la moisson pour ramasser les restes, comme c’est généralement le cas, mais bien de cueillir la totalité de la production, sans doute plusieurs tonnes, voire plusieurs dizaines de tonnes, sur les sept hectares que compte le terrain.

Une saison très chaude et très sèche

"Le champ a été semé en juillet", explique Justine de Barquin, du Groupe d’Action Local Culturalité. "Or, la saison a été très chaude et très sèche. Et la production n’a pas été suffisante pour rentabiliser la récolte mécanique des haricots". L’association a donc été prévenue par un agriculteur voisin, que le champ ne serait pas récolté cette année.

Un légume sensible

"Il faut dire que le haricot est un légume particulièrement sensible aux conditions climatiques", décode un autre agriculteur, Amaury Poncelet, installé, lui, en Hesbaye. "Dans nos régions, un rendement normal, tourne autour de 12 tonnes à l’hectare".

Trop maigre rendement

Ici, on serait plutôt proche de la moitié, sans doute même moins. D’où la décision de l’exploitant. "Avant de décider de ne pas récolter, quand on voit que le rendement est largement insuffisant, on fait un calcul", explique Marianne Streel, présidente de la Fédération Wallonne de l’Agriculture. "Dans ce calcul, il y a les heures de travail des agriculteurs mais également le coût du travail. Avec cette année-ci l’augmentation du prix de l’énergie, donc du coût du mazout qu’on met dans nos machines pour nos récoltes".

Sans compter que la récolte de haricots se fait avec de grosses machines coûteuses. Au total, il faut compter plusieurs centaines d’euros par hectares. Vu le cours du haricot, l’exploitant a préféré, ici, ne pas récolter : tant pis pour les sommes déjà engagées pour les semences, les semis et le désherbage.

200 personnes

Cette fois, des particuliers et des associations en auront profité. 200 particuliers environ, selon le GAL Culturalité.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des glaneurs peuvent récolter l’ensemble de la production. Cette année, le Groupe d’action locale a aussi organisé une moisson solidaire de persil, dans la même commune, Beauvechain : "Normalement, il y a trois récoltes de persil sur la saison. La troisième coupe n’a pu avoir lieu à cause d’une mauvaise herbe implantée dans la culture et la machine ne permettait pas de la trier. Donc la troisième coupe n’a pas été récoltée. Là, il y avait trois hectares à récolter".

Une nouvelle opération de glanage solidaire sera organisée, sur le même champ, ce lundi après-midi.

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