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Monde Europe

Des étudiants belges bloqués en quarantaine à Malte, en raison du tour de vis sanitaire

13 juil. 2021 à 16:58Temps de lecture3 min
Par bfe

Ce mercredi 14 juillet, Malte deviendra le premier pays européen à fermer ses frontières aux voyageurs non vaccinés. En ligne de mire, les étudiants qui participent aux traditionnels séjours linguistiques sur l’île pendant l’été. Selon les autorités maltaises, ce seraient eux les principaux vecteurs des nouvelles contaminations enregistrées ces dernières semaines. Une tuile pour Anaëlle, qui devait suivre un stage d’anglais à Malte… Et qui a terminé enfermée à l’hôtel, totalement livrée à elle-même.

Adolescents laissés seuls en quarantaine

"Au début, tout se passait bien, explique la jeune étudiante de 15 ans. Mais rapidement, les autorités ont soupçonné des cas de Covid-19 parmi les étudiants français qui participaient au séjour. Ils les ont alors testés et c’est là qu’on m’a appris qu’il y avait une étudiante positive qui partageait la même chambre que moi. Ils ont donc décrété que j’étais cas contact et que je devais rester enfermée dans ma chambre pour deux semaines de quarantaine."

C’est ma fille qui m’a appelée pour m’expliquer ce qui se passait

Anaëlle n’a pas été testée. Une aberration pour son père, qui n’en revient toujours pas de la façon dont la situation a été gérée par les organisateurs du séjour linguistique et par les autorités maltaises.

"Il faut rappeler qu’on parle d’enfants de 14 ou 15 ans, explique le papa d’Anaëlle. Ils ont été placés de force en quarantaine sans même prévenir les parents. Pas un mail, pas un coup de fil ! C’est ma fille qui m’a appelée pour m’expliquer ce qui se passait. On peut comprendre la mesure sanitaire mais il faut aussi tenir compte de la santé mentale de ces jeunes. Pourquoi ne pas avoir organisé un rapatriement ?"

Pas d’eau potable

D’autant que les conditions de vie à l’hôtel étaient plutôt spartiates pour des adolescents. Logés à deux ou trois par chambre avec interdiction d’en sortir, pas d’accès à l’eau potable, très peu de nourriture, pas de wifi pour contacter les proches hors abonnement 4G. "Le premier jour, j’ai pleuré pendant toute la journée, raconte Anaëlle. L’eau du robinet n’était pas potable et on n’avait rien à manger. On a donc demandé au personnel de l’hôtel d’aller nous acheter des bouteilles d’eau et du pain. Mais comme on était considérés comme "cas contact" ils refusaient qu’on les paye en cash. Et nous n’avions pas de carte de crédit pour commander des repas aux services de livraison en ligne."

Après avoir tenté, en vain, de contacter les organisateurs du séjour linguistique pendant deux jours, le papa d’Anaëlle décide de faire un test PCR et de sauter dans le premier avion pour Malte afin de rapatrier sa fille en Belgique.

"Je n’ai prévenu personne, admet-il, mais je n’avais aucune raison de la faire. Personne ne m’a informé de la fin prématurée du stage de ma fille, ni de sa mise en quarantaine. Elle va donc terminer sa quarantaine ici, en Belgique, avec sa famille, dans des conditions bien meilleures que celles qui lui ont été imposées là-bas."

Plusieurs jeunes sont toujours sur place

"Nous sommes soulagés d’avoir retrouvé notre fille après ces quelques jours d’angoisse, mais nous sommes très inquiets pour une de ses amies qui est toujours sur place, explique la maman d’Anaëlle. Elle a été testée positive et elle est enfermée dans une chambre avec une autre jeune également positive mais qui ne parle malheureusement pas français. Cette fille n’a que 14 ans et ses parents n’ont pas les moyens de la rapatrier ni de l’aider matériellement sur place. L’hôtel ne lui livre que 50 cl d’eau potable par jour, un croissant le matin et parfois un sandwich à midi. Nous nous cotisons donc avec d’autres parents pour qu’elle puisse au moins se désaltérer et se nourrir. Mais on s’inquiète…"

Il ne reste désormais plus d’étudiants belges dans l’hôtel où Anaëlle logeait à Malte. Leurs parents ont tous trouvé le moyen de les rapatrier. Mais des étudiants français, italiens et espagnols y sont toujours en quarantaine.

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