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Des docteurs honoris causa pour un dialogue Occident-Islam

Des docteurs honoris causa pour un dialogue Occident-Islam

C'est une première depuis 40 ans à l'UCL: hier l'université brabançonne a décerné ses titres de docteurs honoris causa en commun avec la KUL.

On n'avait pas vu ça depuis la scission des deux universités en 1968.
Hier quatre personnalités étaient mise à l'honneur: Marjane Satrapi, auteur de BD d'origine iranienne, Sari Nusseibeh, recteur de l'université Al-Quods à Jérusalem, Paolo Dall'Oglio, jésuite italien et Abdullahi An-Na'im, professeur d'université américain d'origine soudanaise.
Ils soutiennent tous un dialogue entre le monde chrétien et l'islam.
Le thème a été choisi il y a plus d'un an et il colle encore parfaitement à l'actualité: la guerre à Gaza, les suites de Guantanamo, mais aussi l'élection d'un noir avec des racines musulmanes à la présidence des Etats-Unis.

La tension entre monde chrétien et musulman est permanente. Pourtant, selon Abdhullahi An-Na'im, professeur noir musulman dans une université américaine, la question est mal posée: "Vous savez, ici, je suis un musulman dans une université catholique. Mais nous partageons des valeurs. Donc pour moi, le conflit chrétiens-musulmans, ce n'est pas un combat entre des civilisations, mais un problème de valeurs. Or, dans une même ville il y a plein de gens qui n'ont pas les mêmes valeurs mais qui vivent ensemble. Donc sous cet angle-là, ce prix, oui, il est très important pour moi."

Abdullahi An-Na'im se bat pour un dialogue entre islam et occident, tout comme Paolo Dall'Ogli, un jésuite italien qui a fondé une communauté en Syrie. Pour lui, le contact est indispensable: "Il s'agit pas d'en sortir, nous sommes déjà dedans. La société européenne est désormais interculturelle d''une façon radicale, finale. Ceux qui imaginent de pouvoir faire des purifications ethniques, culturelles et religieuses, c'est des illusions ridicules. Donc, c'est fini. Il faut s'ouvrir à ça."

Tout cela à cause des vagues d'immigration. Mais il précise que ça c'est toujours fait dans l'histoire.

Les deux autres lauréats, Marjane Satrapi et Sari Nusseibeh, étaient absents, hier, lors cette remise de titres de l'UCL et la KUL.

(M.P. avec Bruno Schmitz)

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