L’entreprise bruxelloise qui emploie une douzaine d’employés se lance dans la construction avec des panneaux isolants conçus à base de champignons. Plus concrètement, du mycélium (la partie du champignon enfouie sous la terre) est incorporé à un mélange de marc de café récupéré dans des enseignes de restauration rapide de la capitale et de la paille. Ces sacs sont ensuite cultivés. Ils sont pendus dans plusieurs caves humides sous les anciens entrepôts de Tour & Taxis. Après quinze jours, les pleurotes se faufilent et sortent par les orifices préalablement percés du sac. Elles peuvent alors être récoltées. Le reste, le terreau, va être remélangé avec de la semence de champignons puis il est séché. "Rien ne se perd", explique Victor Thomas, le responsable scientifique de PermaFungi "à la fin de notre chaîne de production nous récupérons le marc de café et la paille digérés et nous les réinsérons au début de notre chaîne de production pour produire des panneaux d’isolation".
Des myco-matériaux pour réduire la production de plastique
Grâce à ce procédé, l’entreprise voudrait concurrencer le plastique, "en priorité dans les secteurs de l’emballage et de l’isolation. Nous visons d’autres applications à moyen terme, en particulier les cercueils et urnes funéraires", précise PermaFungi. "Les secteurs de la construction et de l’emballage représentent 52% de la consommation de plastique dans le monde et un enjeu sociétal et économique majeur".
D’ici fin 2025, l’objectif serait de produire par mois douze tonnes de myco-matériaux en recyclant quinze tonnes de déchets.