Environnement

Des arbres qui perdent leurs feuilles en juillet ? Avec la sécheresse, ils sont soumis au stress hydrique

Des épines qui brunissent, des feuilles qui finissent par joncher le sol… Vous l’avez peut-être remarqué, les arbres ne font pas fière allure en ce moment. Avec la sécheresse, les arbres subissent du stress hydrique. Une sorte d’automne avant l’heure.

Pour lutter contre la chaleur et le manque d’eau, les arbres font comme nous : ils transpirent pour réguler leur température. Alors, en cas de sécheresse, l’arbre limite cette évaporation pour éliminer moins d’eau et ainsi se préserver. Résultat, son feuillage s’assèche… et finit par tomber. Autrement dit, « en perdant leurs feuilles, les arbres s’adaptent pour maintenir l’humidité », explique à la VRT Kris Verheyen, professeur de sylviculture à l’UGent. Il s’agit donc d’une stratégie d’autodéfense.

Surmortalité arboricole en hausse à Bruxelles

Ce phénomène de stress hydrique s’observe aussi à Bruxelles, où l’on note une surmortalité des arbres depuis 2018. Certes, la situation bruxelloise n’est pas catastrophique, mais le stress hydrique affaiblit certaines espèces. En effet, la photosynthèse s’effectue majoritairement au niveau des feuilles. Et qui dit moins de feuillage, dit donc moins de nutriments absorbés.

Les épicéas, par exemple, ne sont pas en très grande forme pour le moment. "Ce n’est pas grave à ce stade puisque ce sont les aiguilles des années précédentes", relativise Gregory Reinbold, responsable du service patrimoine arboré chez Bruxelles Environnement. "Maintenant si le phénomène s’amplifie et que les aiguilles de l’année disparaissent, là l’arbre va avoir du mal à produire des sucres et des réserves pour l’année prochaine. Donc ça peut devenir problématique."

En effet, s’ils sont trop affaiblis, les arbres peuvent être attaqués par des champignons ou des scolytes – des insectes qui tuent l’arbre.

Victimes de leur fragilité, certains arbres finissent donc par disparaître de chez nous. C’est le cas des épicéas, qui supportent mal la chaleur. Mais des hêtres, une espèce très gourmande en eau et très présente à Bruxelles. "Elle a besoin de 800 mm d’eau par an, soit ce qu’on a aujourd’hui. Mais les prévisions climatiques pour 2050 entrevoient que Bruxelles-Capitale sera sous un climat que l’on retrouve actuellement dans le pays de la Loire et du côté de Dijon", explique Gregory Reinbold. A terme, ces deux espèces ne risquent donc pas de faire long feu.

Trouver des alternatives

Certaines pistes sont envisagées pour protéger les arbres. En France, la directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) Nathalie Breda propose dans une interview pour FranceInter de tailler les branches des arbres en ville. L’objectif : "réduire le feuillage de l’arbre et donc ses besoins en eau."

Autre idée : laisser davantage d’espace aux racines. Comme l’explique le professeur de sylviculture Kris Verheyen à la VRT, il s’agit de "veiller à ce que les arbres ne soient pas entravés dans leurs possibilités de croissance."

Il faut prévoir aujourd’hui le climat de demain, parce que l’arbre qu’on plante aujourd’hui sera adulte à 80 ans

Mais il n’y a pas de solution miracle. A l’avenir, les arbres fragiles à la chaleur seront remplacés par des espèces plus résistantes aux épisodes de sécheresse. "Il faut prévoir aujourd’hui le climat de demain, parce que l’arbre qu’on plante aujourd’hui sera adulte à 80 ans. Et restera encore jusqu’à 150, 200 voire 300 ans sur ce terrain. Il faut donc déjà se projeter à l’avance sur le climat que l’on va avoir."

Le responsable du service patrimoine arboré chez Bruxelles Environnement pointe par exemple le cas du châtaignier méridional, une espèce résistante aux épisodes de sécheresse.

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