Théâtre

"Dernier coup de ciseaux" : un million de spectateurs pour un Cluedo théâtral

Récompensée par le Molière de la comédie en 2014, la pièce "Dernier coup de ciseaux" fêtera le 23 août sa 3000e représentation et son millionième spectateur en près de onze ans.

Pas de trêve estivale au Théâtre des Mathurins, à Paris : "Dernier coup de ciseaux", pièce interactive transformant le public en enquêteurs, fêtera le 23 août sa 3000e représentation et son millionième spectateur en près de onze ans, établissant ainsi un record d’entrées.

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Récompensé par le Molière de la comédie en 2014, ce Cluedo théâtral démarre comme une désopilante pièce de boulevard, à grand renfort de portes qui claquent et de réparties entre les six comédiens, sans têtes d’affiche.

Sur scène, dans le quotidien loufoque d’un salon de coiffure, un meurtre est soudain commis. Les spectateurs sont chargés de résoudre l’énigme et de démasquer l’assassin.

A l’origine, "Dernier coup de ciseaux" est une pièce de théâtre expérimental allemand écrite par le dramaturge Paul Pörtner (1925-1984).

"Dans sa première version dans les années 70, cette pièce était une étude sociologique sur la valeur du témoignage en général. Des producteurs américains ont acheté les droits et l’ont transformée en divertissement mettant toujours en lumière la fragilité du témoignage, mais en s’amusant", explique à l’AFP Sébastien Azzopardi, auteur et metteur en scène de la version française.

Bouche-à-oreille

Aux Etats-Unis, "Dernier coup de ciseaux" ("Shear Madness") est toujours à l’affiche à Boston et Washington. Un succès récompensé par le Livre Guinness des records au titre de la pièce jouée depuis le plus longtemps outre-Atlantique. Elle a déjà attiré plus de 9 millions de spectateurs à travers le monde.

A Paris, la pièce, portée essentiellement par le bouche-à-oreille, ne désemplit pas, même l’été. "Nous sommes au Théâtre des Mathurins depuis le début. Nous jouons douze mois sur douze, depuis onze ans. L’an prochain, une tournée est prévue", ajoute Sébastien Azzopardi, par ailleurs directeur des Théâtres Michel et du Palais-Royal à Paris.

C’est dans la rue, devant la salle, que l’entracte de "Dernier coup de ciseaux" se déroule. Les spectateurs sont invités à faire part de leurs indices au comédien qui joue le commissaire de police, brassard réglementaire au bras. Comme en vrai.

La pièce repose sur la rétention d’information. On laisse le public se poser plein de questions, en laissant plein d’inconnues.

"Tous ne voient pas les mêmes choses ni les mêmes détails. C’est là que l’on voit que les témoignages sont souvent fragiles", observe Sébastien Azzopardi.

Spectateurs-enquêteurs

Au retour dans la salle, les spectateurs entament les interrogatoires des suspects. "Le public est un partenaire qui vient vraiment jouer avec nous. Donc tous les soirs, c’est comme si 400 nouveaux acteurs nous rejoignaient !", souligne M. Azzopardi.

Pour Déborah Levy, une spectatrice parisienne de 24 ans plutôt habituée aux stand-ups, "on a l’impression vraiment d’être un acteur de la pièce. C’est un concept très sympa !".

Selon les questions des spectateurs-enquêteurs, les comédiens improvisent du tac-au-tac. La comédienne Domitille Bioret est à l’affiche depuis le début, en 2011.

Sébastien Azzopardi propose une autre pièce interactive, "L’Embarras du choix" au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse. Max, 35 ans, le personnage principal, pense être passé à côté de sa vie. Chaque soir, les spectateurs l’aident à faire les meilleurs choix en amour ou pour son travail.

Plus on entre dans la société digitalisée, plus le spectateur a envie de l’interactivité en réel.

"J’aime le théâtre immersif et participatif. Le théâtre est le seul endroit où les artistes et les spectateurs se rencontrent. Il faut en profiter", estime M. Azzopardi.

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